Coronavirus : Inventé pour les chanteurs, ce drôle de masque fait un carton

INNOVATION Le concepteur du « Grand masque », président d’une chorale près de Nantes, annonce en avoir vendu plus de 50.000 depuis le lancement

Julie Urbach

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Le Grand Masque a été inventé pour les chanteurs
Le Grand Masque a été inventé pour les chanteurs — Le Grand Masque
  • Un masque aux faux airs de soutien-gorge a été inventé par un entrepreneur nantais et président de la chorale Mélodie en Retz qui souhaitait offrir un meilleur confort aux chanteurs.
  • « Grand masque » a le mérite d’être très doux et de s’adapter à la forme du visage.
  • En moins d'un an, le masque en tissu thermoformé, et au « très bon taux de filtration », a été vendu à des dizaines de milliers d'exemplaires à des choristes amateurs et des professionnels du chant en France et en Europe.

Ils sont des centaines de milliers en France à ne pas pouvoir exercer leur passion pour certains, leur métier pour d’autres, comme ils le souhaiteraient. Comment pratiquer le chant en période de Covid-19 ? A Bouaye, près de Nantes, Bernard Keller a décidé de se pencher sur la question, d’apparence anodine. Il faut dire que les membres de la chorale dont il est le président, Mélodie en Retz, ont au départ bien essayé de chanter avec un masque traditionnel… « Entre l’humidité, le contact des lèvres avec le tissu, et le manque de souffle, c’était très difficile, se souvient-il. Il nous fallait quelque chose de moins gênant, qui nous offre une bulle d’air suffisante devant le nez et la bouche »

Le quinquagénaire, à la tête d’une entreprise d’événementiel à l’arrêt forcé, a alors l’idée de concevoir son propre masque. Et c’est vers un fabricant de soutien-gorge (!), situé à Lyon, qu’il se tourne, l’été dernier. Après deux prototypes, il lance la production de ce « Grand Masque », qui a le mérite d’être très doux et de s’adapter à la forme du visage. La nouvelle se répand parmi les chorales de l’Hexagone qui veulent toutes s’équiper de ce drôle d’accessoire en tissu thermoformé, et au « très bon taux de filtration ». Résultat, en à peine un an, le cap des 50.000 ventes en France et en Europe vient d’être dépassé, selon son créateur. Avec un regain de commandes ces derniers jours (comme lors du précédent déconfinement), au prix de 6 ou 7 euros l’unité selon la quantité demandée.

Des commandes pour les chanteurs d’opéras

Il faut dire que chez les professionnels aussi, l’ingénieux masque séduit. Car si les représentations ont été interrompues, les répétitions, elles, ont continué en coulisses, sans évidemment échapper aux gestes barrières. De nombreux opéras ont donc passé commande pour tenter d’améliorer le confort de leurs choristes. « Un chanteur doit se sentir à l’aise pour être performant, il lui faut un masque respirant et qui altère le moins possible sa qualité vocale, explique le responsable hygiène et sécurité de l’un d’entre eux. Le Grand masque remplit pour certains chanteurs ce cahier des charges, même s’il ne faut pas se mentir : il est toujours vécu comme une gêne. »

A Bouaye, cette activité aura permis à Bernard Keller de « passer le confinement sans encombre, et sans solliciter aucune aide de l’État » pour son entreprise. Si le ministère de la Culture a annoncé la reprise des cours de chant au 1er juillet (et depuis le 19 mai pour les leçons individuelles), distanciation et port du masque devraient rester en vigueur encore un certain temps. « J’espère que cette activité restera éphémère, confie Bernard Keller. Tout ce que je souhaite c’est qu’on n’ait plus besoin de masque ! Pour pouvoir chanter tous ensemble, comme avant. »