Etats-Unis : Des photos d’adolescentes retouchées par un lycée pour cacher les décolletés

SEXISME Des dizaines de photos de lycéennes ont été modifiées numériquement afin de rendre le haut de leur poitrine moins visible, provoquant la colère des élèves et de leurs familles

20 Minutes avec agence
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Les photos des lycéennes ont été retouchées avant d'être publiées.
Les photos des lycéennes ont été retouchées avant d'être publiées. — ISSOUF SANOGO / AFP

Un établissement scolaire de Floride aux Etats-Unis a retouché numériquement les photos du livre de fin d’année de plusieurs dizaines d’ adolescentes dont elle jugeait le décolleté trop prononcé. Les clichés d’au moins 80 jeunes élèves du lycée Bartram Trail auraient ainsi été retouchés, ont expliqué des parents au New York Times. Seules les jeunes filles ont fait l’objet d’une telle correction.

Les lycéennes et leurs familles ont demandé des excuses ce samedi après avoir découvert les photos modifiées dans le but de recouvrir une plus grande partie du buste des élèves. Riley O’Keefe, 15 ans, a expliqué que sa surprise avait vite laissé place à de la colère. « Il faut qu’ils comprennent que cela encourage les filles à avoir honte de leur corps », a-t-elle dénoncé.

Sentiment d’être sexualisées

La lycéenne a raconté que plusieurs de ses camarades de classe s’étaient senties sexualisées et dénudées. Aucun cliché de jeune garçon n’a par contre été modifié, y compris les photos montrant les adolescents de l’équipe de natation portant des slips de bain.

Le responsable du district scolaire Tim Forson a reconnu que la décision n’avait pas été suffisamment réfléchie. « Il n’y a en aucun cas eu de volonté de faire honte ou de provoquer une gêne chez les élèves au sujet de leur tenue vestimentaire », a-t-il assuré, évoquant une « précieuse leçon à retenir ».

Du « body-shaming » dénoncé

Plusieurs des 2.500 adolescents étudiant au lycée Bartram Trail ont raconté que ces retouches n’étaient pas la première action de la direction pour contrôler les choix de vêtements des jeunes filles.

En mars dernier, des dizaines de lycéennes avaient été exclues des cours ou interceptées dans le hall d’entrée par des surveillants. Il leur était reproché d’avoir enfreint le code vestimentaire de l’établissement. « En pratiquant le body-shaming, l’école échoue dans sa mission de préserver la santé mentale de nos enfants », a estimé un parent d’élève.