Vaccination en Ile-de-France : Avant même l’ouverture à tous, les moins de 50 ans se ruent sur les vaccins

CORONAVIRUS L’Ile-de-France devrait atteindre dans le courant de la semaine le seuil symbolique des quatre millions de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin

C.Po.
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La vaccination a connu un sérieux coup d'accélérateur ces dernières semaines
La vaccination a connu un sérieux coup d'accélérateur ces dernières semaines — AFP
  • 31 % des Franciliens ont reçu une dose de vaccin contre le Covid-19.
  • Ces derniers jours, de plus en plus de Franciliens de moins de 50 ans se font vacciner, au point qu’ils sont désormais majoritaires.
  • Lundi prochain, la vaccination sera ouverte à tous.

Même le château de Versailles a été réquisitionné pour l’occasion. Cette semaine, l’Ile-de-France devrait dépasser le seuil symbolique des quatre millions de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. Parmi elles, plus de 1,5 million sont entièrement immunisées. Depuis la fin du mois d’avril, la campagne vaccinale a connu un sérieux coup d’accélérateur : en fin de semaine dernière, on estimait à 75.000, en moyenne, le nombre de Franciliens vaccinés quotidiennement, contre 40.000 début mai. Rien qu’au cours de la dernière semaine, le nombre d’injections pratiquées a bondi de 18 %.

Pour autant, l’Ile-de-France fait toujours figure de lanterne rouge dans cette course à l’immunité collective. A peine 31 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin alors que partout ailleurs dans l’Hexagone, ce taux s’établit à plus de 35 %. En Corse, il dépasse même les 41 %. « L’Ile-de-France est la région la plus jeune du pays or notre campagne vaccinale est liée à un critère d’âge, décryptait récemment Aurélien Rousseau, le directeur de l’Agence régionale de santé dans nos colonnes. Si on compare sur les populations cibles, nous sommes dans la moyenne nationale. » Ainsi, près des trois quarts des Franciliens de plus de 70 ans ont reçu au moins une dose.

De plus en plus de jeunes vaccinés

Mais ce déséquilibre pourrait rapidement s’inverser avec l’ouverture, dès lundi prochain, de la vaccination à tous les adultes. A l’heure actuelle, seuls les plus de 50 ans et les personnes souffrant de comorbidités ou occupant une profession à risque sont éligibles. Théoriquement, en tout cas. Car depuis le début du mois de mai et plus encore depuis la possibilité offerte à tous de réserver du jour pour le lendemain des créneaux non attribués, le nombre de primo-vaccinés de moins de 50 ans n’a eu de cesse d’augmenter. Au point de devenir largement majoritaire. Mercredi dernier, par exemple, sur les quelque 93.000 injections pratiquées en Ile-de-France, plus de 65.000 ont concerné des personnes de 18 à 49 ans, soit 70 % des vaccinations. Et l’élargissement ce lundi, de la liste des professions prioritaires – notamment à tous les enseignants - devrait accélérer un peu plus cette tendance.

A l’échelle locale néanmoins, les données collectées laissent entrevoir d’importantes disparités. A Paris, département francilien où la vaccination avance le plus vite, plus de 48 % des adultes ont reçu au moins une dose… contre à peine 37 % en Seine-et-Marne. Et la pyramide des âges ne saurait, cette fois, tout expliquer. A y regarder de plus près, si la vaccination des plus de 75 ans est similaire, c’est sur les autres classes d’âge que l’écart se creuse. En Seine-et-Marne, 44 % des cinquantenaires ont reçu au moins une injection… contre près de 70 % pour cette même tranche d’âge dans la capitale.

La géographie de ce département, le plus vaste de la région, et surtout l’accès à la vaccination peut expliquer ce retard : quand Paris compte 27 centres, il n’y en a que 13 en Seine-et-Marne. Reste que comme partout, la campagne accélère dans ce département, et plus rapidement encore qu’ailleurs : au cours de la dernière semaine, les vaccinations quotidiennes ont augmenté de 30 %, contre seulement 12 % dans la capitale. Un espoir de petit à petit rattraper le retard.