Côtes d’Armor : Du rosé breton vendu pour financer des concerts et expositions

VIGNOBLE A Pordic, l’association More a planté un vignoble pour financer ses activités culturelles

Camille Allain

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Illustration de vignes, ici en Bourgogne.
Illustration de vignes, ici en Bourgogne. — SIPA
  • A Pordic, une association produit un vin rosé breton dans le cadre d'un projet atypique.
  • Plantées en 2016, les 100 pieds de caladoc ont permis de vinifier 200 bouteilles pour cette deuxième cuvée, qui sera distribuée ce samedi.
  • L'association More profite des recettes de la vente du vin pour mener des actions culturelles en Bretagne.

La Bretagne est-elle en train de devenir l’eldorado du vin ? Une chose est sûre : les projets se multiplient dans la région, suscitant même quelques réticences comme c’est le cas à Belle-Ile. Cet emballement n’est pas surprenant. D’abord parce que la loi française s’est assouplie et autorise la plantation de vignes partout sur le territoire. Mais aussi parce que plusieurs études ont montré que le réchauffement climatique pourrait contribuer à rendre la région plus propice à culture du raisin destiné à être vinifié.

Alors que certains le font par passion, d’autres ont clairement l’envie de se lancer dans la commercialisation de vins bretons. A Pordic, près de Saint-Brieuc ( Côtes d’Armor), l’association More a eu une autre idée. Il y a cinq ans, elle a planté une centaine de pieds de vigne pour produire un rosé. Avant tout un pari et une envie d’essayer. Alors que la deuxième cuvée sera vendue ce samedi, l’association y trouve aussi un moyen original de financer ses activités culturelles.

L'association More produit un vin rosé à Pordic, en Bretagne, dont le produit de la vente finance ses activités artistiques.
L'association More produit un vin rosé à Pordic, en Bretagne, dont le produit de la vente finance ses activités artistiques. - Association More

« On a appris sur le tas, en discutant avec des gens déjà installés »

Elle est passionnée par le vin mais avoue qu’elle ne connaissait pas grand-chose à la culture du raisin et à la vinification. En 2016, Léna Désury a pourtant demandé à ses parents si elle pouvait planter une centaine de pieds sur leur parcelle afin de se lancer dans la production d’un rosé breton.

« On a appris sur le tas, en discutant avec des gens qui s’étaient déjà installés », explique la jeune femme. Le choix du cépage se tourne vers le caladoc, un hybride de malbec et de grenache qui acceptera une vendange assez tardive. La petite équipe opte pour le rosé, réputé plus facile à vinifier.

« Le blanc, c’est plus fragile, on avait peur de ne pas pouvoir assurer l’entretien de la vigne. Et on préférait faire un bon rosé qu’un mauvais rouge », poursuit Léna Désury.

Depuis la plantation, la jeune femme a rencontré un vigneron, qui partage désormais sa vie et fournit de précieux conseils. La première cuvée réalisée l’an dernier avait même connu un vif succès et la centaine de bouteilles vendues avait été vendue en quelques minutes.

La recette entièrement reversée à une association

Pour cette deuxième cuvée baptisée L’are de la Perrine, ce sont près de 200 bouteilles qui ont été proposées et seront remises à leur acheteur ce samedi au Légué. Et il est bon ce rosé breton ? « Il n’a rien à voir avec un autre rosé, il faut le savoir. Il a une robe rose pâle très claire, un ton plutôt sec et un côté iodé car c’est un produit du bord de mer ».

La recette de cette vente sera entièrement redistribuée à l’association More, qui a pour mission de démocratiser la culture, en organisant des concerts ou des expositions autour de la photographie, de l’architecture et de la musique.