Uber Eats : Un livreur porte plainte après qu'une cliente lui a écrit « Dépêche-toi esclave »

RACISME Il a porté plainte pour « injure non publique en raison de l'origine »

A.O.
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Des livreurs Uber Eats à Nantes, en mars 2021 (illustration).
Des livreurs Uber Eats à Nantes, en mars 2021 (illustration). — Sebastien SALOM-GOMIS

« Dépêche-toi esclave ». Vendredi 14 mai, vers 20 heures, alors qu'il est en pleine tournée de livraison Uber Eats à Laval (Mayenne), Yaya reste sans voix face à ce message envoyé par une cliente en attente de sa commande KFC. « Blessé moralement », le livreur de 34 ans, originaire de Guinée-Conakry, a porté plainte le lendemain au commissariat de Laval pour « injure non publique en raison de l'origine », comme le rapportent nos confrères de France Bleu Mayenne

Avec 98% de satisfaction sur ses 2.796 commandes livrées en sept mois, Yaya n'avait jamais eu de problème avec les clients Uber Eats, ni été confronté au racisme depuis son arrivée en France, en 2009. Face à un tel message - assorti d'un « Je vais te donner un centime, tu mérites que ça » visible sur la capture d'écran montrée par le livreur -, Yaya s'est refusé à livrer la commande de la cliente : « Je ne pouvais pas lui remettre [...] parce que ces insultes, c'est insupportable. Une fois arrivé là-bas, on peut se bagarrer ». Il contacte en revanche Uber Eats, qui annule la commande dans la foulée.

« Uber Eats ne saurait tolérer aucune discrimination envers les livreurs, restaurants et les clients »

Depuis, l'entreprise a fait savoir dans un communiqué qu'elle ferait le nécessaire pour suspendre le compte de la cliente, et précisé qu'elle « [coopérait] également avec les forces de l’ordre compétentes lorsqu'un partage d’informations est requis ».

« Uber Eats ne saurait tolérer aucune discrimination envers les livreurs, restaurants et les clients, que cela soit en raison de leur origine, de leur religion, de leur handicap, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur situation familiale, de leur âge ou tout autre facteur de discrimination », a-t-elle en outre affirmé. 

Une semaine après les faits, Yaya, lui, reste sous le choc : « Je n'arrive pas à dormir comme il faut, j'imagine tout le temps [les mots de la cliente] ».