Bretagne : Payer pour voyager en train avec son vélo… Une mesure d'amélioration qui divise

MOBILITES Un tarif de trois euros sera réclamé pour transporter un vélo sur les TER. En échange, la SNCF assure qu’une place sera réservée

Camille Allain

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Le syndicat Sud-Rail demande à la région Bretagne et à la SNCF de faire plus de place aux vélos dans les trains régionaux.
Le syndicat Sud-Rail demande à la région Bretagne et à la SNCF de faire plus de place aux vélos dans les trains régionaux. — C. Allain / 20 Minutes
  • La région Bretagne et la SNCF vont accroître le nombre de places réservées aux vélos dans les trains régionaux à partir du 7 juin.
  • Un service de réservation (sauf pour les abonnés) doit mieux encadrer la pratique, qui donne régulièrement lieu à de vives tensions entre voyageurs et personnel, en raison du manque d’emplacements.
  • Mais ce nouveau service a un coût et sera facturé 3 euros par vélo aux usagers.

C’est une expérience amère que bien des cyclistes ont pourtant vécue. Rester sur le quai de la gare, vélo en main, en regardant le train partir. Faute de place, bon nombre de TER et TGV doivent refuser des voyageurs souhaitant grimper à bord avec leur deux-roues. En Bretagne, la situation s’est même dégradée l’été dernier quand la fréquentation des voies vertes a explosé. Générant, de fait, une demande accrue de retours en train. Sommée de réagir, la région vient d’avancer une première solution. Celle d’imposer une réservation aux voyageurs (sauf pour les abonnés) et d’accroître les capacités d’accueil des trains régionaux. Une mesure qui sera cependant facturée aux usagers, qui devront débourser trois euros par trajet pour emmener leur bicyclette à compter du 7 juin.

Sur son site, la SNCF promet que la mise en place de ce système de réservation « permettra à chacun de voyager dans des conditions optimales durant la saison touristique ». On peut les croire. Au lieu de quatre vélos, certains TER pourront désormais en transporter vingt, grâce à la suppression de places assises qui seront protégées par des bâches pour accueillir les vélos. Une idée piochée en Aquitaine qui avait été soufflée par le tout récent collectif Bicyclette Bretagne. « Il fallait pouvoir assurer aux voyageurs de pouvoir monter à bord, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici », explique Florian Le Villain, l’un des porte-parole de l’association. Le syndicat de cheminots Sud-Rail avait demandé ces aménagements il y a quelques mois, évoquant « des tensions » avec les usagers.

« Au départ, le prix devait être de cinq euros »

Jusqu’ici, la réservation était impossible. Dans les faits, il fallait croiser les doigts pour espérer qu’une place soit libre à bord de tout nouveaux Regio2N, pas vraiment étudiés pour l’accueil de vélos en nombre. Mais fallait-il rendre ce service payant ? « Au départ, le prix devait être de cinq euros », glisse le collectif, qui a dû argumenter pour que le tarif soit revu à la baisse.

Ce tarif de trois euros ne sera pas applicable aux abonnés, mais il fait grincer des dents, d’autant qu’il sera doublé si vous voyagez avec une remorque. Plusieurs voix se sont élevées contre cette tarification imposée cet été. La liste écologiste aux régionales Bretagne d’avenir, emmenée par Claire Desmarres-Poirier, estime que le développement du vélo « passe par la gratuité ». La France insoumise évoque de son côté une « nouvelle surprenante et à contretemps, en contradiction directe avec les exigences d’avenir ». Cette expérimentation doit durer jusqu’au 30 septembre. L’embarquement gratuit et sans réservation reste effectif jusqu’au 6 juin.