Déconfinement à Rennes : « Certains bars se sont laissés déborder »… La ville hausse le ton après la fête de mercredi

FETE Un millier de personnes étaient rassemblées place Sainte-Anne après le couvre-feu, obligeant les forces de l’ordre à faire usage de gaz lacrymogènes

C.A.
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A Rennes, un feu a été allumé place Sainte-Anne le 19 mai, après la réouverture des bars.
A Rennes, un feu a été allumé place Sainte-Anne le 19 mai, après la réouverture des bars. — David Vincent/AP/SIPA
  • A Rennes, un millier de personnes étaient rassemblées sur la place Sainte-Anne mercredi, obligeant les forces de l’ordre à intervenir.
  • Un grand feu avait été allumé après la fermeture des bars, dont c’était le premier jour de réouverture après six mois d’abstinence.
  • Ce jeudi, la municipalité a condamné l’attitude de certains fêtards mais aussi de certains établissements, les accusant de manquements aux règles. Les contrôles vont s’intensifier.

Faut-il s’attendre à une nouvelle bringue dans les rues de Rennes ce jeudi soir ? Pas impossible. Mais il y a fort à parier que les secteurs de la place des Lices et de Sainte-Anne seront étroitement surveillés. Mercredi soir, la capitale bretonne s’est illustrée en voyant un millier de personnes se rassembler sur la place Sainte-Anne après la fermeture des bars. La réouverture des terrasses après six mois d’abstinence s’est terminée autour d’un grand feu de joie avant que la police n’intervienne à coups de gaz lacrymogènes pour disperser tout le monde. Aucun blessé n’est à déplorer mais les messages d’indignation ont afflué sur les réseaux sociaux.

Au lendemain de cette bamboche improvisée, la ville a souhaité réagir par la voix de son adjoint aux commerces et à l’artisanat. « Une grande majorité des commerçants a tenu ses engagements, dans le respect des normes sanitaires de la charte signée le 18 mai. Cependant, un certain nombre d’établissements se sont clairement laissé déborder face à l’affluence et l’enthousiasme de leurs clients, dès hier [mercredi] après-midi, essentiellement dans le secteur Sainte-Anne/Saint-Michel », regrette Didier Le Bougeant.

L’élu du quartier Centre précise que « des rappels à l’ordre » ont été faits aux établissements concernés par les services municipaux, en lien avec la préfecture. « Il n’est pas admissible que quelques établissements, parce qu’ils enfreignent les règles, viennent assombrir le tableau d’une réouverture très attendue », poursuit l’élu. Mercredi soir, les bars ont vu des clients déferler par dizaines pour s’offrir un verre. Mais il leur est normalement interdit de servir des personnes n’ayant pas de place en terrasse. «La police nationale sera présente pour rétablir l'ordre public, si de tels événements devaient se reproduire. Des contrôles seront effectués, afin de s'assurer du respect des protocoles sanitaires par les établissements autorisés à ouvrir», prévient Emmanuel Berthier. Le préfet précise que «des fermetures administratives» seront prononcées en cas de non-respect.

« Les comportements de certains fêtards ne sont pas acceptables »

Blâmer les seuls établissements serait pourtant trop facile. Mercredi soir, bon nombre de fêtards avaient prévu leurs boissons énergisantes dans leur sac à dos. Et une partie d’entre eux ne voulait visiblement pas rentrer pour 21 h. « Les comportements de certains fêtards ne sont pas acceptables. On peut être heureux de se retrouver en terrasse et faire la fête, mais allumer un feu au milieu d’une place du centre-ville historique, et ignorer le couvre-feu, ce n’est pas admissible. On ne peut que déplorer ces débordements, qui sont venus ternir une si belle journée », regrette l’adjoint de la maire Nathalie Appéré.

Ce jeudi, la police municipale a prévu d’intensifier ses patrouilles afin de veiller au respect des règles sanitaires. Mais il faudra attendre la tombée de la nuit pour voir si ces mesures seront une nouvelle fois enfreintes.