Etats-Unis : Le Texas interdit l’avortement après six semaines de grossesse

DROITS HUMAINS À ce stade, la plupart des femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes

20 Minutes avec agences
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Deux gardes devant une antenne de Planned Parenthood, l'un des principaux regroupements de planification familiale aux États-Unis, le 24 janvier 2013 à Washington.
Deux gardes devant une antenne de Planned Parenthood, l'un des principaux regroupements de planification familiale aux États-Unis, le 24 janvier 2013 à Washington. — AFP PHOTO/Brendan SMIALOWSKI

Le gouverneur du Texas a signé ce mercredi une loi interdisant d’avorter après six semaines de grossesse. « La loi garantit que chaque enfant non né dont le cœur bat sera sauvé des ravages de l’avortement », a déclaré le républicain Greg Abbott.

Le texte ne prévoit pas d’exception en cas d’inceste ou de viol. Avant le Texas, une dizaine d’Etats américains (dont la Louisiane et la Géorgie) ont voté des lois similaires pour interdire l’avortement dès que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles, soit vers la sixième semaine de grossesse. Or de nombreuses femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes à ce moment-là.

Un droit à l’avortement très fragile

Ces lois ont toutes été invalidées en justice. Elles violent en effet la jurisprudence de la Cour suprême américaine, qui a reconnu un droit à l’avortement tant que le fœtus n’est pas viable, soit entre 22 et 24 semaines de grossesse. Mais la juridiction a indiqué ce lundi qu’elle pourrait revoir ce critère de « viabilité » lors de l’examen d’une loi du Mississippi, qui interdit d’avorter après 15 semaines.

L’entrée de trois juges nommés par Donald Trump à la Cour suprême a galvanisé les conservateurs. Ces derniers rivalisent d’imagination pour fournir à la Cour des occasions de revenir sur le sujet. La loi texane contient par exemple un dispositif inédit autorisant n’importe quel citoyen américain à poursuivre au civil les médecins et structures qui aideraient une femme à avorter.

L’avortement, bientôt juste « un droit sur le papier » ?

Cette mesure fait de la loi texane « l’une des plus extrêmes du pays et pose un dangereux précédent », a commenté Alexis McGill Johnson, présidente de l’organisation Planned Parenthood, qui gère de nombreuses cliniques pratiquant des IVG. « Le but est clair : attaquer sans relâche les droits à la santé reproductive jusqu’à ce que l’avortement ne soit plus qu’un droit sur le papier. »

La présidente cite notamment l’adoption de 500 mesures restrictives depuis début 2021 contre l’avortement. Bien que le droit à avorter ait été reconnu par la Cour suprême en 1973, il continue de diviser fortement le pays, avec une forte opposition aux IVG dans les milieux religieux, et constitue un puissant instrument de mobilisation des électeurs à droite.