20 Minutes : Actualités et infos en direct
APEROEn Bretagne, les brasseurs charbonnent pour la réouverture des terrasses

En Bretagne, les brasseurs de bière charbonnent pour la réouverture des terrasses

APEROA l’arrêt depuis plus de six mois, l’hôtellerie-restauration se prépare à retrouver ses clients
A Cesson-Sévigné, la brasserie Skumenn avait fermé son bar quelques jours après sa réouverture. Sa grande terrasse rouvre ce mercredi.
A Cesson-Sévigné, la brasserie Skumenn avait fermé son bar quelques jours après sa réouverture. Sa grande terrasse rouvre ce mercredi.  - Brasserie Skumenn / Brasserie Skumenn
Camille Allain

Camille Allain

L'essentiel

  • Les bars et restaurants peuvent rouvrir leur terrasse ce mercredi dans le cadre de la première phase de déconfinement.
  • En Bretagne, où le nombre de bistrots est très élevé, les producteurs de bière ont fait des stocks pour assurer la réouverture.
  • Certains craignent quelques manques d’approvisionnement après plus de six mois de fermeture des établissements.

«Ça fait un mois qu’on est sur le pied de guerre. On a anticipé un peu la réouverture, histoire de ne pas se faire surprendre ». Marc-Olivier Bernard est un homme prudent. Directeur de la Brasserie de Bretagne, l’homme a rassemblé ses équipes pour reconstituer les stocks de bière dans sa toute nouvelle usine. Et notamment produire des fûts, en vue de la réouverture des bars et restaurants, dont les terrasses vont enfin ressortir ce mercredi. « Nous voulions envoyer un message positif à nos clients, ne pas rater ce rendez-vous », poursuit le dirigeant.

Porté par le dynamisme des ventes en cave et en grande surface, le premier brasseur breton n’avait pas vraiment ralenti la production. Mais il avait clairement délaissé les fûts et a même dû en jeter certains, brassés l’été dernier. L’entreprise de Concarneau (Finistère) qui produit la Britt, la Sant Erwann ou la Dremmwel était alors loin d’imaginer que les bars fermeraient tout l’hiver.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Ce coup d’arrêt a poussé certains brasseurs à rester plus prudents. Chez Skumenn, à Cesson-Sévigné, la « reprise » se fera plus en douceur. La brasserie artisanale installée tout près de Rennes a préféré maintenir sa production en bouteilles, tout en remplissant quelques fûts pour ses clients habitués. « On a un peu peur du yo-yo car on a toujours un doute sur la pérennité de l’ouverture des bars. On a joué la prudence et on est un poil en retard », reconnaît Stéphane Le Boucher, l’un des fondateurs.

A Concarneau, la nouvelle usine de la Brasserie de Bretagne a fait du stock en prévision de la réouverture des terrasses.
A Concarneau, la nouvelle usine de la Brasserie de Bretagne a fait du stock en prévision de la réouverture des terrasses. - Brasserie de Bretagne

Plombée par la fermeture fin octobre, sa petite entreprise avait opté pour la distribution en bouteilles. « Notre capacité pour l’hôtellerie-restauration a été amputée mais on va mouiller le maillot pour être prêtS pour les bistrots. C’est important, car ça fait un moment qu’on ne s’est pas vus », explique le patron de Skumenn. En octobre, la brasserie avait ouvert son charmant pub en bois… Avant de le fermer quelques jours plus tard.

Une pénurie à l’anglaise ?

Ce mercredi, l’attente sera sans doute grande autour des grands espaces extérieurs. Privés de leurs bars depuis plus de six mois, les Bretons y reviendront sans doute en nombre. La région est l’une de celles qui compte le plus de bistrots par habitant. Faut-il craindre une pénurie à l’image de ce qu’ont vécu les Anglais à la réouverture de leurs pubs ? « Je connais bien le marché anglais. Ça n’a rien à voir. Certains avaient posé un jour de congé. Je crois volontiers au coup de feu en France mais pas à un énorme rush », explique Marc-Olivier Bernard.

Notez quand même que certains sont plus craintifs. Patron d’Atlantique Boissons, à Saint-Jacques-de-la-Lande, Jean-Jacques Barre a passé bon nombre de commandes pour refaire ses stocks afin de livrer ses clients. « J’ai tellement galéré l’an dernier que je ne voulais pas recommencer. Avec les fournisseurs, on n’arrêtait pas de s’engueuler. Mais j’ai l’impression que certains ont déjà du mal à fournir. Il y a quelques tensions chez des fournisseurs ». Le grossiste a la sensation que l’activité « va redémarrer assez fort ». Même si la météo ne sera pas au beau fixe. Les mauvaises langues diront que les Bretons y sont habitués.

Sujets liés