Nantes : L’ancienne directrice de la Folle journée aurait détourné plus de 230.000 euros

MALVERSATION Le préjudice financier subi par le célèbre festival de musique classique de Nantes a été révélé lundi soir par le conseil d'administration

Frédéric Brenon

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La Folle journée de Nantes est l'un des principaux festivals de musique classique au monde (illustration).
La Folle journée de Nantes est l'un des principaux festivals de musique classique au monde (illustration). — S.Salom-Gomis/Sipa
  • Suspectée de fautes graves dans la gestion financière du festival, Joëlle Kérivin a été poussée à la démission en mars.
  • Le préjudice subi par le festival dépasse les 230.000 euros, selon un audit.
  • Le festival est largement soutenu par la ville de Nantes.

On connaît désormais la somme qu’aurait détournée Joëlle Kérivin, ancienne directrice du festival La Folle Journée et ex-présidente de l'Espace de défense des droits des femmes Simone-de-Beauvoir : au moins 232.978 euros ! C’est ce qui ressort de l’audit mené par le cabinet comptable KPMG à la demande de la Société anonyme d’économie mixte locale (Saem) La Folle journée, victime du préjudice. A ce montant déjà conséquent, il faut ajouter 3.000 euros au détriment du fonds de dotation de la Folle journée.

« Sans préjuger du montant global issu de l’enquête en cours, cette somme correspond d’ores et déjà à des avances sur salaires et frais, entre le 1er juillet 2017 et le 15 mars 2021 », date de la remise de la démission de Joëlle Kérivin, rapporte le conseil d’administration de la Folle journée. « Elle a été établie sur la base de contrôle des états de rapprochements bancaires de la Saem, de l’analyse de mouvements des comptes, du rapprochement des pièces justificatives et contrôles par sondages des notes de frais, factures auprès des fournisseurs et des soldes fournisseurs débiteurs », précise le conseil d’administration, qui s’est réuni lundi soir.

Un festival malgré tout fin mai

L’enquête a été confiée au procureur de la République. La Saem Folle journée, dont le principal financeur est la ville de Nantes, a décidé de se porter partie civile. Joëlle Kérivin, 48 ans, dirigeait la Folle journée depuis 2015.

Elle est soupçonnée d’erreurs de gestion et de fautes graves impliquant notamment « des frais de représentation et des avances sur salaires ». Le fondateur et directeur artistique du célèbre festival de musique classique, René Martin, est, à ce stade, hors de cause.

La Folle journée de Nantes se déroulera les 28, 29 et 30 mai dans une configuration extrêmement réduite : 24 concerts seront proposés. Bach et Mozart seront les deux compositeurs à l’honneur.