Bretagne : Un vaste projet viticole suscite la fronde à Belle-Ile-en-Mer

LES RAISINS DE LA COLERE Plus de 35.000 personnes ont déjà signé la pétition contre le projet porté par l’homme d’affaires Christian Latouche

J.G. avec AFP

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A Belle-Ile-en-Mer, un vaste projet viticole suscite la grogne.
A Belle-Ile-en-Mer, un vaste projet viticole suscite la grogne. — FRED TANNEAU / AFP
  • A Belle-Ile-en-Mer, un projet viticole de grande ampleur suscite la fronde.
  • Il est porté par l’homme d’affaires Christian Latouche, 39e fortune française.
  • Une pétition contre ce projet a déjà rassemblé plus de 35.000 signataires.

Ils ne veulent pas de vignes sur leur île. A Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), un collectif est vent debout contre un vaste projet viticole porté par l’homme d’affaires Christian Latouche. En moins d’une semaine, plus de 35.000 personnes ont signé une pétition contre ce projet pour lequel une enquête publique s’est ouverte ce lundi. « Vous prendrez la décision d’accorder ou de refuser l’autorisation de création d’une exploitation viticole de grande ampleur à Belle-Ile-en-mer, dont plusieurs hectares sont prévus sur la Côte sauvage, sur des terrains classés Natura 2000 », écrivent les pétitionnaires dans une lettre adressée au préfet du Morbihan.

« Ce projet n’a rien de Bellilois. Il est à l’opposé d’un développement agricole insulaire à taille humaine et respectueux de son environnement. Il est porté par l’une des plus grandes fortunes de France, qui entend réaliser ici un placement financier », poursuit le texte.

Un projet porté par la 39e fortune française

Ce projet viticole est porté par Christian Latouche, PDG de Fiducial et 39ème fortune française avec 1,2 milliard d’euros de patrimoine selon le magazine Forbes. Le projet agricole serait complété par un centre d’accueil et de dégustation. Christian Latouche possède également le domaine de la Vallongue, près de Saint-Rémy-de-Provence.

Le projet est porté par l'homme d'affaires Christian Latouche.
Le projet est porté par l'homme d'affaires Christian Latouche. - JEFF PACHOUD / AFP

« Nous sommes de fervents partisans du développement agricole à Belle-Ile qui permette de réduire notre dépendance alimentaire vis-à-vis du continent », a notamment fait valoir, lors d’un point presse ce lundi matin, Gilles Smadja, président de l’association La Bruyère Vagabonde, à l’origine de cette pétition. Selon une étude officielle de 2019, l’île de 85 km², avec une quarantaine d’exploitations agricoles, couvre 6 % de ses besoins alimentaires.

Quatre hectares de vignes auraient déjà été plantés

« C’est un projet qui induit un type de développement touristique qui va totalement à l’encontre de ce qui fait aujourd’hui l’attractivité de Belle-Ile, ses immenses espaces naturels et préservés », poursuit-il.

Selon les opposants, avant même la décision officielle de la préfecture, quatre hectares de vignes ont déjà été plantés ces dernières semaines sur des terrains acquis par la société de Christian Latouche au Petit Cosquer. L’enquête publique est prévue jusqu’au 17 juin.