Policiers brûlés à Viry-Châtillon : L’enquête visée par deux nouvelles plaintes

JUSTICE Des avocats de la défense estiment que les interrogatoires ont été retranscrits à la défaveur des accusés. Des coupables auraient ainsi « été sciemment remis en liberté »

20 Minutes avec AFP

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Un brassard de la police.
Un brassard de la police. — Lewis Joly/AP/SIPA

L’enquête sur l’attaque de policiers brûlés à Viry-Châtillon dans l’Essonne en 2016 est une nouvelle fois pointée du doigt. Deux nouvelles plaintes pour « faux » et « violences » ont été déposées devant le parquet d'Evry contre les policiers chargés de celle-ci, a indiqué dimanche la procureure de la préfecture de l’ Essonne.

Dans une plainte commune déposée mercredi, Me Sarah Mauger-Poliak, Yaël Scemama et Michel Stansal dénoncent des « faux en écriture publique » et des « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » dans le cadre de l’enquête menée par la Sûreté départementale de l’Essonne, confirmant une information de Mediapart. Dénonçant nommément les enquêteurs, les avocats estiment que les interrogatoires ont été retranscrits à la défaveur des accusés, et que des « coupables auraient été sciemment remis en liberté ».

Des questions sur les déclarations du témoin clé

Selon eux, les policiers ont rédigé les procès-verbaux « en modifiant le sens des déclarations, en éludant les protestations d’innocence, un grand nombre des explications circonstanciées et sans acter les demandes de vérification des éléments prouvant l’absence d’implication » de leurs deux clients, acquittés en appel et dont l’un a été condamné à 18 ans de réclusion en première instance. Par ailleurs, selon la plainte, le témoin clé de l’enquête n’a pas « spontanément » produit une « liste des participants à l’attaque » comme l’ont assuré les enquêteurs.

Selon le parquet d’Evry, une autre plainte pour « faux en écriture publique » a été déposée par Me Frank Berton, avocat de l’un des jeunes condamnés à 18 ans de réclusion en appel. Sur Twitter, le pénaliste, qui se pourvoit en cassation, a indiqué que sa plainte visait « nommément deux policiers » également pour « escroquerie au jugement » et « violations du code de la sécurité publique ».

Le dépaysement demandé

« Au même titre que j’ai décidé du dépaysement pour les deux premières plaintes sur l’enquête, j’ai sollicité le dépaysement pour ces deux nouvelles plaintes », a expliqué la procureure Caroline Nisand. Comme pour les deux premières plaintes, cette requête de dessaisissement doit être étudiée par le parquet général de Paris.

Frédérick Petipermon, avocat d’un des accusés condamnés le 18 avril à 18 ans de prison en appel et qui s’est également pourvu en cassation, avait déjà déposé deux plaintes à Evry, le 26 février et le 10 mars, pour « faux en écriture publique ». Selon une de ces plaintes, des procès-verbaux auraient été tronqués, ne retranscrivant pas les paroles de deux témoins clés de l’enquête.