Conflit israélo-palestinien : Le tribunal administratif confirme l’interdiction de la manifestation pour la Palestine prévue samedi

DECISION Le préfet de police de Paris avait requis jeudi son interdiction en raison de risques de « troubles à l’ordre public »

20 Minutes avec AFP

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Alors q'environ 1000 personnes se sont rassemblées à Munich en Allemagne le 14 mai pour montrer leur solidarité avec les Palestiniens et le peuple de Gaza, la manifestation Pro palestinienne à Paris samedi 15 mai a été interdite par la préfecture et le tribunal administratif.
Alors q'environ 1000 personnes se sont rassemblées à Munich en Allemagne le 14 mai pour montrer leur solidarité avec les Palestiniens et le peuple de Gaza, la manifestation Pro palestinienne à Paris samedi 15 mai a été interdite par la préfecture et le tribunal administratif. — Alexander Pohl/Sipa USA/SIPA

Fin des espoirs pour les organisateurs de la manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi à Paris. Ces derniers espéraient obtenir, dans la matinée, quelques heures avant le départ du cortège, l’annulation de l’interdiction du rassemblement requise jeudi soir par le préfet de police de Paris, Didier Lallement. Finalement, le tribunal administratif a tranché ce vendredi en début de soirée en confirmant l’interdiction.

L’interdiction du rassemblement avait été faite à la demande du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en raison de risques de « troubles à l’ordre public ». Pour contester cet arrêté « injuste et abusif », les avocats de l’Association des Palestiniens en Ile-de-France avaient déposé un recours en référé-liberté auprès du tribunal administratif.

Une décision à caractère « politique »

« La France est la seule démocratie à interdire une telle manifestation », souligne Me Guez Guez, dénonçant une atteinte à la liberté d’expression totalement « disproportionnée » et une décision à caractère « politique ».

Pour motiver l’interdiction, le préfet Lallement a pointé « un risque sérieux » de « troubles graves à l’ordre public », ainsi que d'« exactions contre des synagogues et intérêts israéliens ». Et mis en avant, comme Gérald Darmanin, le précédent de 2014, lorsqu’une manifestation pro palestinienne à Paris avait dégénéré en violences urbaines.

« Complicité de la France avec l’Etat d’Israël »

« Depuis 2014, il y a eu plein de manifestations de défense de la cause palestinienne qui se sont déroulées sans aucun problème », répond Me Guez Guez. L’Association des Palestiniens en Ile-de-France avait « condamné cette interdiction » jeudi : l’un de ses responsables, Walid Atallah, dénonçait la « complicité de la France avec l’Etat d’Israël ».

« La France garantit les libertés d’expression et de manifester, et la Palestine ne doit pas être une exception », a-t-il dit. « Un peuple reçoit des bombes sur la tête, des dizaines de civils sont tués, et on n’aurait pas le droit de dire qu’on n’est pas d’accord ? »

Les organisateurs maintiennent leur appel

Un peu plus tard ce vendredi, les organisateurs de la manifestation ont indiqué maintenir leur appel à manifester, refusant de « taire (leur) solidarité avec les Palestiniens », ont-ils annoncé dans un communiqué.

« Parce que nous refusons de taire notre solidarité avec les Palestiniens, et que l’on ne nous empêchera pas de manifester, nous serons présents (au métro) Barbès demain à 15 heures », a affirmé l’Association des Palestiniens en Ile-de-France, membre d’un collectif de 27 associations, peu après la confirmation de l’interdiction du défilé par le tribunal administratif.