L'Elysée réfléchit encore à faire entrer l'avocate féministe Gisèle Halimi au Panthéon

DEBAT Emmanuel Macron envisage d’y renoncer en raison de l’engagement de l’avocate contre la guerre d’Algérie

20 Minutes avec AFP

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L'exécutif réfléchit encore à la panthéonisation de l'avocate Gisèle Halimi.
L'exécutif réfléchit encore à la panthéonisation de l'avocate Gisèle Halimi. — Louise MERESSE/SIPA

L’avocate féministe Gisèle Halimi fera-t-elle finalement son entrée au Panthéon ? L’Elysée cherche encore la meilleure réponse à cette question visiblement délicate. « La réflexion est en cours. C’est une décision qui exige que de nombreuses parties prenantes soient consultées. Auprès des acteurs, témoins ou dépositaires de tous les combats où Gisèle Halimi s’est engagée », a commenté vendredi une source proche de l’exécutif.

Jeudi, France Inter avait affirmé que le président Emmanuel Macron allait probablement renoncer à cette panthéonisation, notamment parce que l’engagement de l’avocate contre la guerre d’Algérie et pour l’indépendance de ce pays pouvait « cliver » et que la décision pourrait être considérée comme une « insulte » par certaines associations de pieds-noirs et de harkis.

Une « rebelle obstinée »

La ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, a rappelé de son côté qu’elle « militait » pour l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, cette « rebelle obstinée (…) qui a marqué l’histoire du féminisme et de notre pays ».

« Je reste déterminée dans cet objectif, même si je sais que les processus de panthéonisation peuvent être longs et complexes car ils nécessitent dialogue et consensus », a encore commenté Elisabeth Moreno.

Les Femmes et filles de harkis contre cette panthéonisation

Dans son rapport sur la colonisation et la guerre d’Algérie (1954-1962), remis en janvier à Emmanuel Macron, l’historien Benjamin Stora avait préconisé la panthéonisation de Gisèle Halimi, décédée en juillet dernier à 93 ans. Cet honneur national est également réclamé par de nombreux militants féministes et de gauche.

A l’inverse, un collectif de femmes et de filles de harkis, auxiliaires de l’armée française lors de la guerre d’Algérie, s’est dit opposé à cette éventualité.

La gauche sur le pont

Depuis jeudi, plusieurs personnalités de gauche, à l’image du sénateur socialiste Rachid Temal, se sont émues sur Twitter à l’idée que le président de la République renonce à l’idée d’une panthéonisation.

« Ce sont aussi ses positions humanistes sur l’Algérie qui légitiment l’entrée de Gisèle Halimi au Panthéon », a ainsi jugé la députée LFI et candidate aux régionales en Île-de-France Clémentine Autain. Pour Bastian Lachaud, également député LFI, un renoncement d’Emmanuel Macron serait une « honte ». « En faisant son métier d’avocate, et en dénonçant la torture », Gisèle Halimi « sauvait justement l’honneur de la France », a-t-il estimé.