Conflit israélo-palestinien : La préfecture de police interdit la manifestation pour la Palestine prévue samedi à Paris

MANIFESTATION Dans un télégramme envoyé à l’ensemble des préfets, le ministre de l'Intérieur leur demande d'« anticiper les risques de débordement »

20 Minutes avec AFP

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Gérald Darmanin.
Gérald Darmanin. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Gérald Darmanin a tranché. Le ministre de l’Intérieur a demandé jeudi au préfet de police de Paris d’interdire la manifestation de soutien au peuple palestinien prévue samedi dans la capitale, en raison des « graves troubles à l’ordre public constatés en 2014 ». Une demande entendue par les autorités. « Conformément à la demande du ministre de l’Intérieur, le préfet de Police a pris un arrêté interdisant la manifestation déclarée pour le samedi 15 mai 2021 », annonce la préfecture de police dans un communiqué publié sur Twitter.

« J’ai demandé au Préfet de police d’interdire les manifestations de samedi en lien avec les récentes tensions au Proche-Orient », avait tweeté, plus tôt dans la journée, le ministre de l’Intérieur, en référence à la manifestation prévue samedi à 15 heures à Barbès (18e arrondissement). « De graves troubles à l’ordre public furent constatés en 2014 », avait-il ajouté. Ailleurs en France, « consigne a été donnée aux préfets d’être particulièrement vigilants et fermes », écrivait encore Gérald Darmanin..

« Anticiper les risques de débordement »

Dans un télégramme envoyé à l’ensemble des préfets le ministre leur demande de « mobiliser les services de renseignement » pour « assurer le suivi de ces mouvements » et « anticiper les risques de débordement ». Et de « ne pas hésiter » à « interdire » les manifestations si leurs déclarations sont « hors délai », représentent un risque de « troubles à l’ordre public » ou ne « respectent pas les règles de l’état d’urgence sanitaire ».

L’organisatrice de la manifestation, l’Association des Palestiniens en Ile-de-France, a « condamné cette interdiction » jeudi soir par la voix de l’un de ses responsables, Walid Atallah. « En interdisant cette manifestation, la France montre sa complicité avec l’Etat d’Israël, qui veut interdire toute manifestation de soutien aux droits des Palestiniens, qui subissent l’occupation, la colonisation et les bombardements », a-t-il déclaré. L’association va contester cette interdiction en déposant vendredi « un recours en référé-liberté au tribunal administratif », a-t-il ajouté.

En juillet 2014, plusieurs manifestations avaient été organisées en France, pour dénoncer l’offensive israélienne dans la bande de Gaza. Les 19 juillet notamment, plusieurs milliers de manifestants avaient bravé l’interdiction de manifester à Barbès. Le rassemblement avait dégénéré rapidement, laissant place à des heures d’émeutes urbaines.