Toulouse : Revendus à petits prix ou donnés, les surplus des cantines ne partent plus à la poubelle

ANTI-GASPILLAGE Depuis le 3 mai, les surplus de la cuisine centrale de Toulouse sont revendus à petits prix sous forme de paniers sur Too Good to Go, et à partir de lundi ils seront donnés sur HopHopFood aux étudiants et personnes en difficultés

Béatrice Colin
— 
Simon, utilisateur de l'application Too Good To Go, est venu chercher des plats restants à la cuisine centrale de Toulouse.
Simon, utilisateur de l'application Too Good To Go, est venu chercher des plats restants à la cuisine centrale de Toulouse. — B. Colin / 20 Minutes
  • Chaque jour, la cuisine centrale de Toulouse produit 35.000 repas pour les cantines scolaires. Mais se retrouve avec du surplus.
  • En priorité, ces plats restants sont donnés aux associations caritatives, mais sans que tout soit écoulé.
  • Depuis le 3 mai, ces plats sont revendus à petits prix sur l’application Too Good to Go, et à compter de lundi seront donnés à des publics en difficultés via l’application de solidarité HopHopFood.

Ce jour-là, Simon ne savait pas très bien sur quoi il allait tomber. « Mais un sauté de veau et des pommes de terre, ça me va très bien, ça fera notre repas de ce soir », explique ce Toulousain . Il est venu récupérer son panier entre midi et 14 h à la cuisine centrale de la Ville rose après l’avoir réservé dans la matinée sur l’application Too Good to Go.

Depuis le 3 mai, les surplus produits par la cantine centrale peuvent être achetés à des petits prix sur l’application qui lutte contre le gaspillage alimentaire. Et c’est ce qui motive Simon. « Je suis un habitué de l’appli depuis deux ans, je réserve là où je passe. Je suis convaincu qu’il faut éviter que cela parte à la poubelle », explique ce jeune père de famille qui avait déboursé ce jour-là trois euros pour l’équivalent de cinq plats et qui venait pour la troisième fois.

Eviter le gâchis, c’est aussi ce qui motive Sandra Estrade, la directrice de la Cuisine centrale qui prépare chaque jour 35.000 repas pour les cantines toulousaines. Depuis le début de l’année scolaire, plus de 15.000 kg de nourriture ont été gaspillés, soit près de 58.000 euros perdus. « Nous avons chaque jour des produits en plus, à cause d’annulations de repas ou en ce moment de fermetures de classes en raison du Covid-19. En priorité, nous les donnons aux associations comme la Banque alimentaire ou les Restos du Cœur, mais il arrive qu’elles ne puissent pas passer les prendre, or ces plats ont une date limite de consommation du jour », explique cette responsable.

HopHopFood à partir de lundi

Alors pour éviter que des dizaines de kilos de nourritures finissent à la benne, elle a eu l’idée de faire appel à Too Good to Go. Et depuis, elle a croisé des familles, des étudiants, mais aussi des personnes âgées aux faibles revenus venus chercher leur panier de cinq plats à 3 euros. « Nous travaillons depuis quelque temps avec les acteurs de la restauration collective, mais c’est la première fois avec une cuisine centrale auto-gérée publique et nous l’avons développé dans le cadre du programme des villes anti-gaspi. Depuis le 3 mai, 200 paniers ont déjà été sauvés, cela fait 600 repas, on se rend compte qu’il y a une vraie demande. Les gens qui utilisent l’application sont attirés à la fois pour les petits prix et parce qu’ils ont une culture de lutte contre le gaspillage alimentaire », assure Camille Colbus, directrice adjointe de Too Good to Go qui compte 67.000 utilisateurs dans la Ville rose, qui, depuis son lancement, ont pu sauver 410.000 paniers. 

Et à partir de ce lundi, la cuisine centrale va encore renforcer son dispositif en s’associant à HopHopFood, une application d’une association, chaîne de solidarité alimentaire entre particuliers. « Cette fois-ci les surplus alimentaires seront donnés gratuitement aux personnes en difficultés ou des étudiants aux petits moyens. Notre objectif est vraiment de réduire le gaspillage, et même en revendant des paniers, nous ne sommes pas dans un business, l’argent récupéré est réinvesti dans les produits locaux », souligne Jean-Jacques Bolzan, l’élu en charge de la cuisine centrale.