Vaccination : Jour J pour la prise de rendez-vous sans conditions, du moins en théorie

SANTE Depuis mercredi, tous les adultes peuvent en théorie se rendre dans un centre de vaccination pour recevoir une première injection, mais les rares places sont très disputées

20 Minutes avec AFP

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Dans un centre de vaccination à Toulouse (Illustration).
Dans un centre de vaccination à Toulouse (Illustration). — FRED SCHEIBER/SIPA

Vaccins pour tous, ou presque. Ce mercredi est le premier jour de la vaccination contre le Covid-19 pour tous les adultes… qui ont pu dénicher un rendez-vous. La France progresse ainsi vers le cap des 20 millions de premières injections à la mi-mai, malgré la désaffection pour l’ AstraZeneca.

Mais les places sont chères. En théorie, tous les adultes peuvent se rendre dans un centre de vaccination pour recevoir une première injection, sans condition d’âge ou de santé, et sans avoir à « tricher » en déclarant une comorbidité sur les plateformes de rendez-vous, mais en pratique c’est un peu plus compliqué.

Les publics prioritaires pas encore tous vaccinés

Car ces créneaux ne sont ouverts que pour le jour même ou le lendemain : de nombreux publics prioritaires n’ont pas encore été vaccinés. Ainsi, 56 % seulement des 60-64 ans ont reçu une première dose de vaccin. Résultat, le « volume de doses subsidiaires » ne s’élève qu’à 15.000 à 20.000 rendez-vous quotidiens, selon le ministère de la Santé.

Pour y arriver, Hugo, étudiant à Sciences-Po de 22 ans, a réservé son créneau « dès le lever » mardi, avant 8 heures, et il a délaissé Paris, où il habite, pour Le Mans. « Ce n’est pas trop loin, le train ne va pas coûter trop cher », explique-t-il à l’AFP. « Je n’avais pas envie d’attendre à Paris », ajoute l’étudiant, qui travaille aussi dans une société de production. Ce qui l’a poussé ? « L’envie d’être débarrassé de ça et aussi pour le pass sanitaire. J’ai envie de partir en vacances et je n’ai pas envie de m’embêter à faire des tests tout le temps », raconte-t-il.

Castex reconnait des retards

La campagne de vaccination progresse de son côté, avec plus de 650.000 injections mardi. Au total, 18,5 millions de premières doses ont déjà été injectées, mais le Premier ministre Jean Castex a reconnu, sur France 2, mardi soir, que le cap des 20 millions de primo-vaccinés pourrait ne pas être atteint précisément au 15 mai. La plateforme de rendez-vous médicaux Doctolib table sur ce cap « probablement le 17 mai ».

Un léger décalage dû aux « retards que nous avons pris dans l’injection d’AstraZeneca aux plus de 55 ans », a expliqué Jean Castex. Le chef du gouvernement a souligné que « plus de deux millions de doses » du vaccin du laboratoire anglo-suédois, désormais moins demandé que ses concurrents Pfizer ou Moderna, restaient à écouler, un chiffre qui risque d’augmenter avec de nouvelles livraisons attendues en mai et en juin.

Un nouvel avis de la Haute autorité de Santé (HAS) est attendu de manière imminente sur une éventuelle réautorisation de ce vaccin aux moins de 55 ans, avec une information sur les risques rarissimes de thromboses graves et atypiques, mais le ministre de la Santé Olivier Véran a semblé enterrer cette hypothèse lundi : « probablement non à l’heure actuelle ».