Vaccination : S’y sentant « obligés » pour voyager ou pour « revivre », ils se feront vacciner avant cet été

VOUS TEMOIGNEZ Après le vote de la mise en place du pass sanitaire et l'ouverture de la vaccination à tous les majeurs désireux de profiter des doses non utilisées, nos lecteurs s'organisent pour passer des vacances aussi sereines que possibles

S. A.

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Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Sante, vaccine au centre de vaccination de Montrouge, mardi 11 mai 2021.
Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Sante, vaccine au centre de vaccination de Montrouge, mardi 11 mai 2021. — Tristan Reynaud/DICOM/SIPA
  • Les créneaux ont été ouverts sur Doctolib à tous les plus de 18 ans qui souhaitent profiter des doses non utilisées pour se faire vacciner contre le Covid-19, mardi.
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, les députés ont approuvé le principe de la mise en place d’un pass sanitaire cet été.
  • Après la fin de la limitation des 10 kilomètres, la France va poursuivre son déconfinement par étapes dans les prochaines semaines.
  • Cet assouplissement des restrictions et la perspective de nouvelles conditions pour voyager ont poussé certains de nos lecteurs à se faire vacciner, avec parfois quelques réticences.

Souviens-toi l’été dernier… Déconfinés, en bord de mer, à la campagne, en vadrouille chez nos voisins européens ou dans les quelques pays qui acceptaient les touristes français. Pour retrouver ses plaisirs, nombreux sont les Français à jouer des coudes pour se faire vacciner contre le Covid-19 avant le mois de juillet.

« Se faire vacciner devrait permettre de passer des vacances d’été plus reposé », estime Raphaël, un de nos lecteurs, convaincu que « la vaccination est le seul moyen de s’en sortir collectivement. Mais trouver un créneau n’est pas une mission de tout repos. Bien décidée à recevoir sa dose, Léna est encore à la peine. « Malheureusement Doctolib est bouché de chez bouché, c’est la folie dès qu’on habite dans des villes plutôt grandes », explique cette résidente d’Annecy. Elle espère trouver un rendez-vous en Ardèche chez sa belle famille fin mai et un deuxième avant cet été.

C’est aussi la galère pour Coco, face à « la liste d’attente longue comme le bras du centre de vaccination proche de chez elle ». Mais « pas le choix » pour celle qui se décrit comme une grande voyageuse, impatiente d’en finir avec cette pandémie et « toutes les contraintes qu’elle nous impose ! ». La mise en place du pass sanitaire, qui devrait ainsi être obligatoire pour prendre l’avion vers l’étranger ou participer à de grands rassemblements, a par ailleurs influencé le choix de certains de nos lecteurs comme Vinciane, François et Emeline, même si la quadragénaire « n’assume pas d’obéir » ppour être libre cet été.

Le ticket pour voyager

Pas de vaccin, pas de vacances hors de l’Hexagone ? Certainement pas pour Lyvia qui a déjà réservé ses billets pour la Martinique en juillet : « Nous craignons une obligation vaccinale. Nous souhaitons anticiper. Nous cherchons activement un créneau ». Et il vaut mieux prévenir, car les Français devront rendre compatibles leurs dates de départ avec leur rendez-vous de vaccination, a-t-on expliqué au ministère de la Santé, mardi.

Pas enchanté de se faire vacciner, Alexis va franchir le pas pour voyager en Europe avec ses amis cet été avec le programme Interrail. « Avec la perspective de la mise en place d’un pass sanitaire au niveau européen, il semble qu’il est impossible de faire autrement que de se faire vacciner, autrement c’est test PCR à chaque frontière avec le risque de tomber malade et de rester enfermé dans un pays qui n’est pas le nôtre… », argumente le jeune homme. Stéphanie s’est aussi décidée pour les mêmes raisons afin de profiter de son voyage prévu le mois prochain en Grèce. « Ce vaccin, c’est le prix de ma liberté », tranche la jeune femme, qui songe aussi à ses futurs concerts. Elle a déjà reçu sa première dose.

La vie un peu comme avant

Retrouver sa liberté, c’est le leitmotiv de Sophie qui « souhaite retrouver au plus vite une vie normale comme on le voit au Royaume-Uni ». En deux appels, elle a trouvé un rendez-vous dans le centre de vaccination de sa commune. De leur côté, Sébastien et son épouse, âgés de moins de 55 ans, attendent leur deuxième dose après en avoir reçu une première du vaccin AstraZeneca fin mars/début avril. « Nous aurons du Pfizer fin mai tous les deux. Nous ne l’avons pas fait en vue de l’été qui arrive mais plutôt pour protéger les autres, pour faire partie de la solution et non du problème ».

Vaccinée avec du Pfizer, Sara a été motivée par son lieu de résidence : Antibes. « Quand j’entends que quelqu’un plus âgé que moi qui n’habite pas ici est sur une liste d’attente je culpabilise un peu… mais en même temps on va être envahi par les touristes cet été donc il faut bien qu’on se protège », estime-t-elle.

Le prix de la liberté reste cher pour Léa, qui s’est fait vacciner pour protéger un proche touché par une maladie auto-immune. « Je n’étais pas pour faire le vaccin, mais je pense que nous n’avons pas le choix si nous voulons "revivre" et ne pas être pénalisé », explique-t-elle. « En ce qui concerne le pass sanitaire, je suis totalement contre. Nous sommes censés avoir la liberté de choisir si nous voulons être vaccinés ou non, et je pense que nous n’aurons plus le choix. J’ai peur pour l’avenir… », ajoute-t-elle. Des craintes partagées par plusieurs lecteurs comme Marie-José et Patricia ou encore Nathalie qui préfère attendre « l’immunité collective ».