Déconfinement : Club libertin ouvert, mais pas discothèque… Les aberrations du calendrier de réouvertures

CORONAVIRUS « 20 Minutes » fait le point sur certaines réouvertures un peu moins logiques que les autres…

Manon Aublanc

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Si les discothèques restent fermées pour le moment, vous pourrez toujours aller faire un tour dans un club libertin.
Si les discothèques restent fermées pour le moment, vous pourrez toujours aller faire un tour dans un club libertin. — Jon Super/Shutterstock/SIPA
  • La France entame le 19 mai la première étape de son calendrier de déconfinement, qui doit s’étendre jusqu’au 30 juin.
  • A cette date, les terrasses, les cinémas, les musées et les commerces non essentiels notamment pourront rouvrir, avec des protocoles sanitaires stricts.
  • Mais parmi les réouvertures, certaines frôlent l’absurdité : des remontées mécaniques, mais pas de pistes, des parcs d’attractions sans manèges ou encore des mariages assis avec un couvre-feu à 21 heures.

Certains font sourire, d’autres indignent les professionnels concernés. A une semaine de la première étape du déconfinement, qui devrait nous permettre de retrouver les terrasses, les musées et les cinémas, la réouverture de certains lieux frôle l’absurdité.

Après plusieurs mois de fermetures, les terrasses de café et restaurants, les commerces non essentiels, les musées ou encore les cinémas rouvriront leurs portes le 19 mai prochain avec des protocoles sanitaires stricts. Mais parmi les réouvertures programmées, certaines étonnent. 20 Minutes fait le point.

  • Des parcs d’attractions, sans attraction

Si vous cherchez la logique, passez votre chemin. Les parcs d’attractions rouvriront bien le 19 mai, mais les visiteurs devront attendre le 9 juin pour pouvoir profiter des attractions. Les « parcs à thème pourront rouvrir dès le 19 mai », avait indiqué la semaine dernière Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat en charge du Tourisme, précisant que cette décision concernait « les activités de plein air, les zoos, avec quelques espaces du type aquarium… » Mais « les attractions en elles-mêmes, au sens juridique du terme, ce sera le 9 juin », de même que les fêtes foraines, avait-il ajouté.

Une décision difficilement compréhensible pour les acteurs du secteur : « On ne comprend pas et on ne voit pas quelle est la distinction entre parc à thème et parc d’attractions », avait réagi la Compagnie des Alpes, propriétaire notamment du Parc Astérix, dont elle n’a pas encore fixé la date de réouverture. « On est en train d’essayer d’éclaircir les choses. »

  • Des remontées mécaniques sans domaine skiable

Le 19 mai marquera aussi la réouverture des remontées mécaniques dans les stations de ski à 50 % de leur jauge (65 % le 9 juin et 100 % le 30 juin). Si cette nouvelle arrive un peu tard, la saison d’hiver étant terminée depuis plusieurs semaines, les professionnels misent désormais sur les amateurs de montagne en été. « L’hiver est fini, c’est une catastrophe (…) C’est une nouvelle qu’on espérait mais ça n’enlève pas l’amertume que l’on vient de subir pendant ces six derniers mois », a déclaré Alexandre Maulin, président de Domaine skiable de France, auprès de nos confrères de France 3 Auvergne Rhône-Alpes. Pour les adeptes du ski, il vous reste encore la possibilité de pratiquer le ski d’été à Tignes, Val d’Isère ou encore aux 2 Alpes où la réouverture est prévue le 29 mai.

  • Des clubs libertins, mais pas de discothèques

Grandes oubliées du calendrier de déconfinement, les discothèques, fermées depuis plus d’un an, n’ont toujours pas de date de réouverture. Les clubs libertins, eux, devraient pouvoir rouvrir leurs portes le 19 mai grâce au pass sanitaire. « Vous refusez de […] permettre, au cas où le 1er juillet ça serait possible », la réouverture des discothèques, a déclaré le député LR de la Manche, Philippe Gosselin, lundi devant l’Assemblée nationale. « Mais savez-vous par ailleurs, que les clubs libertins vont pouvoir rouvrir ? Et il est bien connu que dans ces clubs, on pratique tous les gestes barrières. C’est même d’ailleurs pour ça qu’on y va (…) Voilà, en absurdie, où nous en sommes », a-t-il ironisé.

Si le député n’a pas totalement tort, il faut néanmoins apporter une petite précision « terminologique ». Si un club libertin est référencé comme « boîte de nuit », il ne pourra pas rouvrir, a expliqué Rémi Calmon, directeur du SNEG & Co, syndicat des lieux festifs et de la diversité, mardi sur RMC : « Les clubs, c’est-à-dire les boîtes de nuit, libertines ou pas, ne sont pas autorisés à rouvrir ». En revanche, si un lieu libertin est classé dans la même catégorie que les bars et restaurants (la catégorie N), il pourra accueillir des clients en terrasse le 19 mai et en intérieur le 9 juin.

  • Les mariages possibles, mais assis et avec un couvre-feu

Si les futurs mariés ont d’abord sauté au plafond, ils ont vite déchanté. Oui, les mariages vont pouvoir reprendre, mais avec quelques conditions (non négligeables). Les lieux de réception tels que les salles des fêtes pourront accueillir à nouveau des mariages à compter du 19 mai, mais avec un couvre-feu à 21 heures et assis avec un emplacement sur trois occupé et un positionnement des convives « en quinconce entre chaque rangée ». A compter du 9 juin, il y aura un emplacement sur deux et un couvre-feu à 23 heures, avant une occupation normale des lieux (y compris debout), en respectant les gestes barrières, à partir du 30 juin, sans restriction d’horaires.

« Après les stations de ski qui peuvent rouvrir sans remontées mécaniques, les parcs d’attractions sans attractions, on annonce que les fêtes de mariage vont reprendre, tout en interdisant les cocktails debout et en faisant terminer les repas à 21 h, soit l’heure à laquelle ils commencent d’habitude ! », s’est indignée Mélissa Humbert-Ferrand, la présidente du syndicat UPSE (Union des professionnels solidaires de l’événementiel), auprès de l’AFP. Selon elle, « les gens auraient accepté d’avoir un cocktail assis si après ils pouvaient rester loger sur place et effectuer leur soirée. Là, après la mairie ou la cérémonie religieuse, au lieu de se séparer, ils ont juste le droit d’aller boire un verre assis : ça ne s’appelle pas un mariage ! », dit-elle.