Tribune de militaires : Le chef d’état-major invite les signataires à quitter l’armée

POLEMIQUE Dans cette nouvelle tribune publiée dans « Valeurs actuelles », les signataires sont des militaires en activité

20 Minutes avec AFP

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Après la publication d'une nouvelle tribune militaire, le chef de l'Etat major invite les signataires à quitter l'armée. (Illustration)
Après la publication d'une nouvelle tribune militaire, le chef de l'Etat major invite les signataires à quitter l'armée. (Illustration) — GILE Michel/SIPA

Nouvelle tribune, nouvelle polémique. Dimanche soir, Valeur Actuelle a publié une seconde tribune militaire « pour la survie de notre pays ». A la différence de la première publiée le 21 avril dernier et signée par des généraux à la retraite, ce deuxième texte est cette fois lancé par des militaires en activité et ouvert aux signatures.

Le chef d’état-major des armées françaises n’a pas tardé à réagir et a invité ce mardi les signataires anonymes de cette seconde tribune de militaires à quitter l’uniforme pour défendre librement leurs opinions tout en respectant la neutralité de l’armée. « Le plus raisonnable est certainement de quitter l’institution pour pouvoir rendre public en toute liberté ses idées et ses convictions », écrit le général François Lecointre dans une lettre envoyée à tous les soldats.

« L’obligation de réserve qui s’impose à tout militaire a été largement transgressée »

Dans cette tribune, publiée dimanche soir sous forme de pétition par Valeurs Actuelles, les signataires se présentent comme des militaires « récemment entrés dans la carrière » et dont certains ont «connu le feu ennemi» au Mali, en Afghanistan ou en Centrafrique, dénoncent ce qu’ils perçoivent comme « la guerre civile (qui) couve ». Mais on ne connaît ni le nombre ni l’identité de ces militaires qui lancent un appel à « la survie » du pays.

« Depuis plusieurs semaines (…), l’obligation de réserve qui s’impose à tout militaire a été largement transgressée », constate le général Lecointre. Les signataires, « au nom de la défense de convictions personnelles (…) ont contribué à entraîner l’armée dans des débats politiques au sein desquels elle n’a ni légitimité ni vocation à intervenir », fait-il valoir, invitant la troupe à « faire preuve de bon sens et surtout de lucidité ».

C’est la « neutralité » de l’armée qui lui permet son engagement

« Chaque militaire est libre de penser ce qu’il veut mais il lui appartient de distinguer sans ambiguïté ce qui ressort de sa responsabilité de citoyen de ce qui ressort de sa responsabilité de militaire », insiste-t-il, réaffirmant que c’est bien la « neutralité » de l’armée qui lui permet son engagement « sans réserve et sans arrière-pensée ».

Les deux tribunes ont provoqué une petite tempête politique, n’épargnant aucun parti et poussant la ministre des Armées Florence Parly à intervenir pour rappeler, elle aussi, l’exigence de neutralité du soldat.