Coronavirus à Marseille : Des lycéens découvrent les autotests

DEPISTAGE L’infirmière scolaire du lycée marseillais Marseilleveyre a animé une première réunion pour expliquer le fonctionnement des autotests

Caroline Delabroy

— 

Lancement de la campagne des autotests au lycée Marseilleveyre à Marseille
Lancement de la campagne des autotests au lycée Marseilleveyre à Marseille — C. Delabroy / 20 Minutes
  • Des séances collectives d’autotest sont organisées toutes les semaines, depuis lundi, pour les lycées de l’académie d’Aix-Marseille.
  • A Marseilleveyre, des lycéens découvrent le fonctionnement de ces autotests lors d’une première réunion d’explication.
  • L’établissement, qui accueille près de 1000 lycéens dont des internes, a reçu une cinquantaine de réponses positives pour participer à la campagne.

A la vue de l’autotest Covid, Lalie prend la tête entre ses mains puis la lève pour écouter les explications rassurantes de l’infirmière scolaire : « L’écouvillon est plus petit que les tests classiques, il faut juste l’enfoncer de trois centimètres, on sera là, on vous aidera ». Elève interne en section foot au lycée Marseilleveyre de Marseille, elle fait partie des premiers volontaires pour participer aux séances hebdomadaires d’autotest organisées au sein de l’établissement.

Des tests de dépistage de la Covid-19, elle en a déjà fait pas mal dans le cadre des rencontres sportives. Alors les faire au lycée, Lalie n’a pas hésité longtemps, « pour éviter de contaminer l’équipe, les copains » : « c’est mieux que de prendre rendez-vous au labo ».

Le lycée Marseilleveyre à Marseille a reçu 500 autotests pour démarrer la campagne
Le lycée Marseilleveyre à Marseille a reçu 500 autotests pour démarrer la campagne - C. Delabroy / 20 Minutes

Une cinquantaine de volontaires pour le moment

Avant de réaliser eux-mêmes le premier test, les lycéens assistent ce mardi à un échange sur leur fonctionnement. Alima Abdellache, l’une des deux infirmières du lycée, donne du sien, démonstration à l’appui (spoiler : son test, après cinq gouttes de révélateur et 15 minutes de pose sera négatif). La veille, elle a reçu une vingtaine de boîtes pour l’établissement, qui compte près de 1000 lycéens, soit de quoi pratiquer 500 autotests. Et démarrer à peu près sereinement la campagne, une semaine après l’envoi des formulaires de consentement aux parents pour les élèves mineurs. « Pour le moment, on a eu une cinquantaine de retours, nous n’avons pas voulu nous fixer de date limite », indique-t-elle.

« On a eu des sondages sur Pronote », raconte Milo, 16 ans, qui trouve aussi l’initiative « pratique ». « Je préfère me mettre moi-même le bâton dans le nez, et le fait que ce soit régulier, toutes les semaines, ça me rassure pour mes grands-parents. J’ai un grand-père malade », confie-t-il. Julia, en seconde, est là aussi, même si elle pensait au départ « que c’était un truc salivaire ». « Ma mère est prof, elle a aussi eu des autotests, continue-t-elle. Je pense que ça va venir des parents surtout, s’ils sont informés de la campagne ».

« Cela sera sans moi »

D’un pas pressé, Viola et Jane, élèves en terminale, sortent du lycée Marseilleveyre profiter d’un intercours. Pour le moment, pas question pour elles de participer à la campagne. « On a reçu un courrier sur Pronote oui, un parmi cent », répond l’une, pour qui « ce n’est pas la priorité » : « C’est bien si tout le monde le fait, si on est qu’un ou deux, cela n’a pas d’intérêt ». « Cela sera sans moi, je ne vais faire tester toutes les semaines ! », tranche son amie.

Proviseure du lycée Marseilleveyre, Claire Gérardin-Moriconi sait sans doute qu’elle ne convaincra pas tous ses élèves, mais elle réfute le terme de « fiasco ». « On impulse, et si les élèves s’approprient cet outil on impulse une dynamique aussi dans les familles, explique-t-elle. En leur apprenant à se servir de ces autotests, qu’on peut aussi trouver en pharmacie, on accompagne nos élèves vers plus d’autonomie. En cette période de l’année, où l’été se profile, c’est aussi un outil pour qu’ils passent des soirées sereines. » L’argument touchera peut-être les plus récalcitrants. Sans compter que les autotests seront pratiqués sur le temps scolaire.