Attaque au couteau à Bordeaux : Où en est l'enquête après l'agression d'un policier ?

INVESTIGATIONS Une jeune femme de 33 ans souffrant de troubles psychiatriques a été grièvement blessée par un tir d’un policier de la bac lundi soir, dans le quartier Saint Genès à Bordeaux

Elsa Provenzano

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L'accès à l'impasse où est situé le domicile de jeune femme démente était bloquée lundi soir par les véhicules de police.
L'accès à l'impasse où est situé le domicile de jeune femme démente était bloquée lundi soir par les véhicules de police. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Lundi soir, les secours ont été appelés dans un appartement du quartier Saint Genès à Bordeaux alors qu’une jeune femme souffrant de troubles psychiatriques était en crise.
  • Elle a blessé au couteau un des policiers présents, son collègue a répliqué en tirant une balle. Elle est très grièvement blessée à la tête.
  • Elle a crié « Allah Ouakbar » et « mécréants » au cours de l’intervention, le parquet antiterroriste a été avisé.

Lundi soir, une jeune femme de 33 ans, Elodie D, a été blessée par balle lors d’une intervention des secours à son domicile, situé dans le quartier Saint Genès à Bordeaux. Le Samu et les pompiers ont été appelés par le conjoint de la jeune femme qui a expliqué qu’elle était en crise, souffrant de troubles psychiatriques. Lorsque les secours arrivent, accompagnés par des policiers, elle était retranchée à son domicile, munie de couteaux.

Que s'est-il passé lundi soir? 

Les policiers ont frappé à la porte de l’appartement situé au rez-de-chaussée d’une impasse, lui demandant d’ouvrir. En guise de réponse, elle s’est mise à crier « mécréants » à plusieurs reprises et a donné des coups dans la porte. Peu après, les policiers ont constaté que le verrou de la porte d’entrée était ouvert et la porte légèrement entrebâillée. « Voyant de l’eau s’écouler au sol en grande quantité et craignant que la femme ne soit en train de se suicider par noyade dans la salle de bains », deux d’entre eux pénètrent dans l’appartement, rapporte le parquet de Bordeaux.

Le premier policier à s’avancer constate que le studio face à lui et à sa gauche est inoccupé. C’est à ce moment-là que la femme a surgi de la salle de bains, située à sa droite. Armée de couteaux, elle a crié « Allah Ouakbar ». Il a alors fait usage de son flash ball. Le tir a fait tomber la femme à genoux mais alors qu’elle se relevait, elle lui a porté un coup de couteau à la jambe. Le second policier a entendu son collègue crier : « Elle m’a touchée ! » et a fait usage de son arme de service.

Quel est l'état de santé de la victime? 

La jeune femme, touchée à la tête, s’est écroulée au sol. Le Samu a pratiqué les gestes de premiers secours et a transporté la victime au CHU de Bordeaux. A cette heure, son pronostic vital est toujours engagé. « Ses parents ont été avisés et doivent se rendre à son chevet », précise le parquet.

Pourquoi le parquet antiterroriste a-t-il été avisé?

La procureure s’est déplacée sur les lieux lundi soir et a pu constater dans le studio « la présence de nombreux livres et documentation religieuse relevant du salafisme, a priori de la littérature officielle rigoriste. » Compte tenu de ces éléments et des propos tenus, un contact a été pris avec le Parquet national antiterroriste lequel, à ce stade des investigations, ne s’est pas saisi des faits, précise le parquet de Bordeaux.

La direction régionale de la police judiciaire (DZPJ) a été saisie des faits de violences aggravées avec arme et sur personne dépositaire de l’autorité publique (PDAP) et l’inspection générale de la police nationale (IGPN) sur le volet « usage de l’arme ».