Rennes : Impôts, déchetteries payantes, tarification incitative… Quelles pistes pour réduire le poids des déchets dans une ville déjà vertueuse ?

DECHETS La métropole vient de voter en faveur d'un plan de réduction des déchets sur dix ans

Camille Allain

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Des poubelles pleines dans les rues de Rennes.
Des poubelles pleines dans les rues de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Déjà vertueuse sur le plan de la gestion des déchets, la métropole rennaise ambitionne de réduire le tonnage par habitant de 12 % d’ici dix ans.
  • Un grand plan de réduction va être adopté en septembre, après une consultation des habitants.
  • Un travail de sensibilisation est à envisager mais il faudra passer par des mesures financières. La tarification incitative entrera en vigueur et la question de rendre les déchetteries payantes est à l’étude.

Cela fait presque quatre ans que la métropole de Rennes a adopté un tri sélectif très élargi. Alors que certaines collectivités usent encore de sacs jaunes obligeant à distinguer les matières recyclables et non recyclables, la métropole bretonne a choisi dès 2017 d’opter pour un tri à 100 % de tous les emballages. De la capsule métallique au couvercle des médicaments en passant par la palanquée de plastiques à usage unique, les poubelles de tri acceptent tout, ou presque. Avec cette solution, Rennes et son agglomération se classent parmi les meilleurs élèves en France avec une moyenne de 469 kg de déchets par an et par habitant. Soit 80 de moins que la moyenne nationale. « On peut faire mieux », estime la collectivité, qui vient d’engager une réflexion pour réduire ce chiffre de 12 % d’ici dix ans. Une montagne face à l’océan de plastiques que nous consommons.

Pour parvenir à cet objectif ambitieux, la métropole planche sur un plan de réduction sur dix ans, validé il y a quelques semaines et qui entrera en vigueur en septembre, après consultation des habitants. « De 2010 à 2019, la collectivité a beaucoup investi. Mais on n’a réduit notre tonnage que de 4 %. Ça montre le chemin qu’il nous reste à parcourir », prévient Laurent Hamon, vice-président en charge des déchets.

D’ici dix ans, l’élu écologiste espère réduire de 56 kg ce qui part à l’incinérateur, tout en augmentant 51 kg à la poubelle jaune. « Sur dix bouteilles en plastique, on sait que six partent encore à la poubelle ». La collectivité souhaite davantage communiquer, éduquer, sensibiliser et convaincre. Mais sait que cela ne suffira pas.

La question des végétaux, encore trop nombreux à arriver en déchetterie, sera cruciale. « Il faut changer les comportements et montrer comment on peut les valoriser sur la parcelle ». Pour que le message rentre, la métropole fournira un badge aux habitants afin d’accéder aux déchetteries. Et il y a fort à parier que l’accès sera limité en quantité, quitte à instaurer une taxe de passage. « Cela fait partie des pistes », concède l’élu.

La facture va augmenter… Pour tout le monde

La métropole ne coupera pas non plus à la mise en place de la redevance incitative. Déjà pucées, les poubelles seront pesées à chaque levée du camion. Une stratégie de « pollueur-payeur » déjà en vigueur ailleurs en France qui ne se traduira pas par une baisse de la facture, même des plus vertueux. « Le coût de traitement des déchets va grimper, nous le savons. Pour les habitants, le but sera que leur facture augmente le moins possible ».

La mise en place de la tarification incitative devrait avoir lieu entre 2024 et 2025, le temps d’équiper les camions et les quelques poubelles pas encore dotées d’une puce.