Déconfinement à Nantes : Bars et restaurants tentent de « vite reconstituer les équipes » en vue du 19 mai

RECRUTEMENT Un job dating du secteur de l'hôtellerie et de la restauration était organisé ce lundi près de Nantes

Julie Urbach

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Illustration d'une serveuse dans un restaurant
Illustration d'une serveuse dans un restaurant — GEORGES GOBET / AFP
  • Une quarantaine d'établissements de la région nantaise participe à un job dating, ce lundi à Rezé près de Nantes.
  • A dix jours de la réouverture des terrasses, tous ont de forts besoins en main d'oeuvre, alors que les candidats manquent.

Ils n’ont plus que quelques jours pour trouver des bras. Alors que le gouvernement a confirmé, ce lundi, que les terrasses rouvriront bien le 19 mai, c’est le branle-bas de combat chez les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. Ce lundi, une quarantaine d’entre eux ont participé à un job dating organisé au MIN de Rezé, près de Nantes, dans le but de trouver leurs futures recrues. « Nous avons de gros besoins, que l’on ne pouvait pas combler avant d’avoir de la visibilité, témoigne Marie Verrier, responsable du groupe hôtelier Westotel. Nous recherchons des saisonniers mais aussi, et surtout, des gens formés au métier, et qui ont toujours envie de l’exercer. »

Car après sept mois de fermeture, loin du rythme effréné des services, beaucoup semblent avoir quitté la profession, déjà en tension. « Certains ont découvert d’autres secteurs, ils se sont réorientés et aspirent à des conditions de travail moins contraignantes, plus faciles à concilier avec une vie de famille, observe Thomas Leroy, directeur du GNI Grand Ouest. Résultat, il faut aujourd’hui vite reconstituer les équipes, et ce n’est pas toujours facile. » Chef de salle, barman, réceptionniste, DJ… quelque 400 postes étaient à pourvoir ce lundi, dont beaucoup en CDI.

Le job dating était organisé au MIN de Rezé près de Nantes
Le job dating était organisé au MIN de Rezé près de Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

Incertitudes et impatience

Il faut dire que certains établissements partent carrément de zéro, ou presque. Comme la Madrague, un nouveau bar à cocktails qui devait initialement ouvrir ses portes en mai 2020 à Saint-Sébastien-sur-Loire. Ses gérants, qui possèdent deux autres établissements, espèrent que cette fois-ci sera la bonne, même si l’équipe n’est pas encore au complet, notamment du côté des cuistots. « On n’en a vu aucun depuis ce matin, il va falloir aller toquer aux portes des écoles pour trouver des apprentis, prévoient déjà les chargées de recrutement. Le problème, c’est qu’on ne sait même pas combien de postes nous avons exactement à proposer. Tout dépendra des jauges, de la météo, de la manière dont réagiront les clients… Il faut aussi être prudents. »

Malgré toutes ces incertitudes, certains candidats semblent heureusement toujours motivés. Si la majorité qui ont défilé de table en table ce lundi matin sont des étudiants, à la recherche d’un contrat saisonnier, des profils plus expérimentés ont aussi répondu présents à ce job dating. « En temps normal, il suffit de faire le tour des bars avec son CV et le recrutement se fait comme ça, ou grâce au bouche-à-oreille, raconte Pauline, barmaid de 25 ans. L’ambiance est différente ici, mais c’est pratique puisqu’il n’y a aucun autre endroit où se rencontrer… »

La jeune femme qui a elle aussi été tentée, un temps, de changer de voie, piaffe aujourd’hui d’impatience de retrouver un employeur, et revoir des clients. « C’est ce métier qui me rend heureuse, confie-t-elle. Ne pas pouvoir l’exercer a été un enfer. »