Douze personnes soupçonnées de travail dissimulé dans le BTP interpellées à Rennes et Nantes

BLANCHIMENT Plusieurs personnes sont poursuivies pou «blanchiment commis en bande organisée»

C.A. avec AFP

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Illustration d'un chantier de travaux publics, ici à Rennes.
Illustration d'un chantier de travaux publics, ici à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Tout a commencé par un renseignement anonyme, balancé au mois de janvier 2020. Une personne explique aux autorités qu’un ressortissant turc demeurant à Nantes « facilite l’emploi de travailleurs turcs et azéris en situation irrégulière au moyen de faux papiers ». Après plus d’un an d’enquête, les forces de l’ordre ont annoncé avoir démantelé cette filière en interpellant quatorze personnes en Ille-et-Vilaine, Vendée et Loire-Atlantique, selon le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc.

Douze d’entre elles ont été mises en examen notamment pour « blanchiment commis en bande organisée et recours en bande organisée aux services d’une personne exerçant un travail dissimulé ». Trois d’entre elles qui n’ont « pas ou peu d’antécédents judiciaires », ont été placées en détention provisoire. Les enquêteurs soupçonnent un ressortissant turc âgé de 43 ans d’être à la tête de ces sociétés fictives.

L’homme est soupçonné d’avoir mis en place une fausse sous-traitance dans le secteur du bâtiment. Depuis 2018, quatre sociétés fictives immatriculées à Rennes et Nantes facturaient de fausses prestations de sous-traitance à des entreprises du bâtiment. En agissant ainsi, elles n’avaient pas à s’acquitter des cotisations sociales obligatoires et faisaient travailler des personnes non déclarées. Les flux financiers ont été repérés, notamment parce qu’une grande partie des sommes faisaient l’objet de mandats à destination de la Turquie. « Au total, les flux financiers correspondant à ces fausses facturations de sous-traitance, étaient estimés à plus de 4 millions d’euros entre septembre 2018 et avril 2021 », précise le parquet.