Parcoursup : Quelles sont les formations les plus demandées par les candidats cette année ?

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Les lycéens de Terminale ont déposé leurs vœux sur la plate-forme d’affectation dans l’enseignement supérieur. « 20 Minutes » analyse les grandes tendances du cru 2021

Delphine Bancaud

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Entrée de l'Université Cote d'Azur ouverte à Nice.
Entrée de l'Université Cote d'Azur ouverte à Nice. — SYSPEO/SIPA
  • Les candidats ont formulé en moyenne davantage de vœux que l’an dernier : 12,8 en 2021, contre 10,9 en 2020.
  • Les licences, les BTS et BUT sont plébiscités par les candidats.
  • Et 7 candidats sur 10 ont fait au moins un vœu hors de leur académie.

Ça y est, les lycéens de Terminale ont fait leurs vœux d’orientation pour l’enseignement supérieur sur Parcoursup. Ils avaient jusqu’au 8 avril pour compléter leur dossier et confirmer leurs souhaits. Ils devront désormais attendre le 27 mai pour recevoir leurs premières réponses à leurs demandes d’inscription.

Et cette année, ils ont vu large, car le nombre moyen de vœux par candidat est passé de 10,9 en 2020 à 12,8 en 2021, comme l’indique une note du ministère de l’Enseignement supérieur publiée ce jeudi. « Cela s’explique par l’augmentation des formations sur la plateforme cette année, qui sont désormais plus de 18.000, et la possibilité de faire des sous-vœux. Si un candidat s’inscrit au concours commun des écoles vétérinaires, il peut par exemple cocher 4 sous-vœux correspondant aux 4 écoles vétérinaires », indique  Jérôme Teillard, chargé de mission Parcoursup au ministère de l’Enseignement supérieur. « Les candidats ont aussi tendance à faire des vœux de secours en licence généraliste, pour être sûrs d’avoir des propositions d’admission au cas où ils ne seraient pas pris dans une formation sélective », complète Sylvie Amici, présidente de l’APsyEN (Association des psychologues et de psychologie dans l’éducation nationale).

Licences, BTS et BUT en tête

Sans surprise, les licences sont les filières les plus demandées et concentrent 33 % des vœux. Parmi elles, sont plébiscitées la licence de droit (3,6 %), de psychologie, d’économie-gestion et de staps. Un engouement qui est assez logique, selon Jérôme Teillard : « Les licences sont les formations les plus nombreuses de l’enseignement supérieur et celles qui offrent le plus de places ». « Et celles qui sont les plus demandées renvoient à des métiers que les jeunes ont bien identifié, ce qui les aide à se projeter », constate aussi Sylvie Amici.

Les filières courtes sélectives continuent aussi à cartonner, les BTS enregistrant 30 % des vœux et les BUT 11 %. La transformation des DUT en BUT, pour proposer une formation à bac +3 (contre bac + 2 auparavant), n’a donc pas eu d’impact sur leur attractivité. « Ces formations, où les étudiants sont plus encadrés que dans une licence classique, rassurent. D’autant que cette année, les BTS ont continué à avoir cours en présentiel, alors que les étudiants de licences ont suivi une bonne partie de leurs cours à distance », souligne Sylvie Amici. Le côté professionnalisant de ces formations rassure aussi les jeunes, qui savent qu’elles leur offriront de bonnes conditions d’insertion.

Les instituts de formation en soins infirmiers très prisés

Cette année, les terminales technologiques et professionnels ont aussi plus souvent choisi les BTS et BUT : « Cela fait plusieurs années qu’il existe des quotas de places qui leur sont réservés dans ces formations, ce qui les incite à s’y inscrire », constate Jérôme Teillard. Les spécialités commerciales continuent à être plébiscitées (BTS management commercial opérationnel, BTS négociation et digitalisation de la relation client, BTS commercial international ou BUT techniques de commercialisation), ainsi que celles relatives à la gestion (BUT gestion des entreprises et des administrations, BTS Gestion de la PME, BTS comptabilité et gestion) ou l’informatique (BUT informatique, BUT métiers du multimédia et de l’Internet, BTS services informatiques aux organisations).

Les formations du secteur sanitaire et social ont aussi le vent en poupe, comme le montre le boom des vœux en formation en soins infirmiers (+13 % cette année), et qui représente 9 % des vœux. « Auparavant, il fallait s’inscrire à chaque concours d’institut des soins infirmiers et payer pour le passer. Mais depuis 2019, il n’y a plus de concours, ce qui a créé une attractivité supplémentaire », souligne Jérôme Teillard. Forts de ce constat, le gouvernement et les régions ont d’ailleurs lancé un plan d’augmentation de places. Les parcours spécifiques accès santé (Pass) continuent à attirer, avec 8,4 % des vœux exprimés, ainsi que les diplômes d’Etat du domaine sanitaire et social (6 %). « Le fait que ces cursus conduisent à des métiers à forts besoins sociaux, et qui recruteront toujours de manière durable, n’est pas étranger à leur succès », poursuit Jérôme Teillard.

Davantage de souhaits de mobilité

Enfin, on constate que la crise sanitaire n’a pas tué les velléités de bouger des lycéens. Cette année, 74 % d’entre eux ont confirmé au moins un vœu hors de leur académie (+ 5 points par rapport à 2020). « C’est la quatrième année qu’il est vraiment possible de le faire, donc les lycéens ont davantage le réflexe de la mobilité », estime Jérôme Teillard.

« Sur la plateforme, la possibilité de postuler en dehors de son académie est aussi beaucoup mieux présentée », indique Sylvie Amici. L’aide à la mobilité Parcoursup de 500 euros, destinée aux lycéens boursiers, doit aussi y être pour quelque chose.