Déconfinement : Jauge réduite, départ à 20 heures, extérieur… Les futurs mariés s'adaptent au nouveau protocole

UNIONS Malgré la possibilité de célébrer son mariage dès le 19 mai, de nombreuses contraintes sanitaires posent des problèmes d’organisation

Maureen Songne

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Un mariage lors d'un précédent déconfinement.
Un mariage lors d'un précédent déconfinement. — LIONEL URMAN/SIPA
  • Les mariages vont pouvoir reprendre, en comités toujours restreints, à partir du 19 mai.
  • Un vrai soulagement pour les couples qui doivent se dire « oui » dans les prochaines semaines. Mais certains préfèrent reporter (encore) la cérémonie.
  • Du côté des professionnels du secteur, on regrette que le protocole ne prenne pas en compte la question des tests, en espérant une possible dérogation pour le couvre-feu.

Après de longs mois en comités très réduits, les mariages vont enfin pouvoir reprendre. Comme Le Parisien l’a indiqué plus tôt cette semaine, un protocole a été mis en place. Encore contraignant, il interdit les repas assis en intérieur, et le nombre de convives ne pourra dépasser 35 % de la capacité de la salle jusqu’au 9 juin, pour ensuite passer à 50 % jusqu’au 30 juin. Par la suite, toutes les contraintes seront levées, si les conditions sanitaires le permettent.

Un soulagement, mais aussi un casse-tête pour les futurs mariés, qui pèsent le pour et le contre. Avec comme seule alternative de reporter – encore une fois pour certains – la célébration.

« Un grand vin d’honneur avec nos amis »

Pour Cécile, 33 ans, l’attente devenait intenable. « Nous nous marions le 12 juin prochain, explique-t-elle à 20 Minutes. Nous avons apprécié la nouvelle, bien qu’un peu tardive, après avoir annulé le week-end dernier les trois-quarts de nos invités et prestataires. Les repas assis en intérieur restent interdits avant le 30 juin. Nous allons donc pouvoir faire un plus grand vin d’honneur avec nos amis, mais toujours pas inviter nos familles qui arrivent de Vendée, que nous ne pourrons ni loger, ni faire manger correctement le soir. Nous ne pouvons pas, dans le Nord, tout miser sur la météo… ».

Sans compter sa crainte concernant la réouverture des terrasses le 19 mai, qui risque, selon elle, de refaire passer la région en rouge. « Si c’est le cas, nous devrons à nouveau tout annuler. Le plus dur étant de l’expliquer à nos proches. »

Pour Alice et Bédou, qui avaient décidé de reporter leur mariage en 2022, un changement de dernière minute sera leur coup de chance. « Grosse surprise lorsque j’annonce au domaine notre report : une date vient de se libérer le 3 juillet prochain, donc permettant un mariage sans jauge mais évidemment dans le respect des gestes barrières. C’est une aubaine de pouvoir enfin se projeter et avancer avec moins de craintes. Nous avons hâte d’être au jour J pour cet événement qui marquera forcément les esprits de tous nos convives. Vive l’Amour ! »

« Le gouvernement met les mariés dans des situations catastrophiques »

Certains, au contraire, préfèrent éviter toute mauvaise surprise par crainte d’une nouvelle vague de l’épidémie. Comme Mey, 25 ans. « Nous pensions réellement pouvoir le fêter le 22 mai. Malheureusement, le couvre-feu sera toujours de rigueur, bien que décalé à 21h. Nous avons décidé de reporter la fête. Nous voulions avoir un vrai mariage sans se priver et ne pas dire au revoir à nos invités à 20h, c’est trop triste de finir un mariage à cette heure-ci ! »

Ces cérémonies une nouvelle fois reportées à l’année prochaine, voire à 2023, inquiètent fortement certains professionnels du secteur. Car même s’ils sont heureux de cette reprise partielle, les protocoles sanitaires peuvent leur laisser un goût amer. « Ce que je trouve lamentable, c’est qu’on avait proposé des protocoles qui pourraient permettre d’ouvrir à des jauges normales », juge Sébastien Leduc, wedding planner à Jour J Event, en Ile-de-France. « A notre grande surprise, aucun test PCR n’est requis alors que les gens étaient prêts à se faire tester, à faire des autotests. Le gouvernement met les mariés dans des situations catastrophiques ».

Les pistes de danses seront-elles autorisées ?

Face aux inquiétudes, le wedding planner gère au quotidien les angoisses des futurs mariés : « Le gouvernement ne s’est pas posé la question d’une attestation dérogatoire pour que les invités puissent assister au mariage. Pour la plupart, on est à un mois de leur mariage, donc ils ne savent toujours pas s’ils pourront le faire. J’ai des mariés en pleurs ! », regrette-t-il.

Autre son de cloche du côté de l’Union des Professionnels Solidaires de L’Evénementiel (UPSE), qui reste très optimiste sur l’évolution de la situation sanitaire : « Les professionnels sont satisfaits et attendent deux précisions notables : savoir si un mariage peut être dérogatoire au couvre-feu, et s’assurer que les pistes de danses seront bien ouvertes. Car en France, un mariage rime forcément avec », détaille Brice Etienne, vice-président de l’UPSE. Selon lui, 40.000 mariages devaient être annulés avant les annonces gouvernementales. Mais grâce à l’assouplissement des mesures sanitaires, il prévoit que la moitié, voire 75 %, seront sauvés.