Saint-Brieuc : Avec le projet de parc éolien en mer, les pêcheurs craignent pour leur survie

MANIFESTATION Environ 300 personnes se sont rassemblées ce lundi matin devant la préfecture des Côtes-d’Armor

J.G. avec AFP

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Les pêcheurs sont vent debout contre un projet de parc éolien en baie de Saint-Brieuc.
Les pêcheurs sont vent debout contre un projet de parc éolien en baie de Saint-Brieuc. — Fred Tanneau / AFP

Ils se disaient prêts à l’affrontement. C’est finalement dans le calme que 300 professionnels de la pêche et membres d’associations environnementales ont manifesté ce lundi matin devant la préfecture des Côtes-d’Armor, à Saint-Brieuc, pour protester contre un projet de parc éolien offshore dont les travaux devaient débuter le jour même. « Non à la mort de la pêche artisanale », « Non aux éoliennes qui détruisent la mer », pouvait-on lire sur les affiches accrochées aux grilles. Des coquilles vides de Saint-Jacques, qui font la richesse de la baie de Saint-Brieuc et que les pêcheurs craignent de voir menacées par la construction du parc, ont également été déversées.

Les pêcheurs réclament l’annulation de ce projet de parc éolien en mer, dont la mise en service est prévue pour fin 2023. Il est construit par la société Ailes Marines, filiale du groupe espagnol Iberdrola. « Il faut qu’on réussisse à empêcher ces parcs d’envahir nos côtes », a déclaré le président du comité local des pêches, Alain Coudray, accusant la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, de vouloir faire « disparaître la pêche ». Selon Katherine Poujol, présidente de l’association Gardez les Caps, les 62 éoliennes qui doivent être installées à 16 km des côtes vont déverser chaque jour de l’aluminium en mer et « toute la chaîne alimentaire va être contaminée ».

Des navires de l’Etat déployés pour assurer la sécurité en mer

Avant la manifestation devant la préfecture, les pêcheurs avaient prévu d’aller tôt dans la matinée au-devant des navires du chantier Ailes Marines, qui doivent commencer des forages. Mais ces navires ont retardé leur entrée en action, esquivant ainsi la confrontation.

Le préfet maritime de l’Atlantique a par ailleurs assuré qu’il prévoyait de déployer plusieurs navires de l’État (gendarmerie maritime, Marine nationale et douanes) « pour accompagner le début des travaux du parc éolien en baie de Saint-Brieuc ». « L’objectif est avant tout de garantir la sécurité de la navigation, des personnes, des biens et de l’environnement », a-t-il précisé dans un communiqué, alors qu’une zone réglementée en mer a été instaurée « pour toute la durée des travaux ».