Agen : L’appel à l’aide des 200 élèves d’une école de pilotes de ligne en faillite

FORMATION Plus de 200 élèves, qui ont déboursé entre 75.000 et 115.000 € pour entrer dans une école privée de pilotes de ligne à Agen, en appellent au ministre des Transports après la mise en liquidation judiciaire de l’établissement

20 Minutes avec AFP
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Des pilotes de ligne (illustration).
Des pilotes de ligne (illustration). — M.ASTAR/SIPA

« Catastrophe humaine » et « élèves en larmes », selon le collectif de salariés qui s’est créé… Quelque 200 élèves, qui ont déboursé entre 75.000 et 115.000 € pour entrer dans une école privée de pilotes de ligne basée à Agen (Lot-et-Garonne), en appellent au ministre des Transports après la mise en liquidation judiciaire de l’établissement, a-t-on appris vendredi auprès d’étudiants et de salariés.

Les 217 élèves d’Airways College, qui compte trois autres sites (Cholet, Nîmes et Melun), sont dans l’incertitude depuis la mise en liquidation judiciaire jeudi de l’école par le tribunal de commerce d’Agen.

Le « train de vie » d’une poignée de membres de la direction en cause ?

Selon le jugement, cette entreprise de 70 salariés affiche un passif de 17 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 5 millions HT. Un expert a été nommé pour faire la lumière sur les raisons de cette faillite que certains étudiants et salariés imputent au « train de vie » d’une poignée de membres de la direction.

« La formation coûte en moyenne 100.000 €, et la grande majorité des élèves a souscrit un emprunt afin de la financer », a expliqué à l’AFP un « collectif des élèves » (représentant 138 étudiants sur 217). A l’origine d’une lettre ouverte au ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari, il tente, avec un « collectif de salariés », de trouver des solutions pour « ne pas condamner les élèves à une faillite personnelle ». Désormais, « les élèves n’ont qu’une infime chance de se voir rembourser leurs frais de scolarité et ne seront pas en mesure d’obtenir un emploi en tant que pilote faute d’avoir obtenu les qualifications nécessaires », ni d’honorer leurs emprunts, soutiennent-ils.

« Je connais quelqu’un dont la famille va devoir vendre sa maison »

Selon Antonin Oger, étudiant de 24 ans, le président d’Airways College, Jérôme Binachon, avait informé le 19 avril les salariés et étudiants de sa décision de placer l’école dans les mains du tribunal. Mais dix jours plus tard, un juge prononçait finalement la liquidation de l’entreprise, constatant que son redressement judiciaire était « manifestement impossible ».

« On a été pris de court. Depuis on n’a plus de nouvelles » du président, déplore Antonin Oger. « Mais nous ne sommes pas là pour attaquer l’école. Nous voulons trouver des solutions (…) Je connais quelqu’un dont la famille va devoir vendre sa maison pour rembourser son emprunt ». Le collectif de salariés (37 sur 70 salariés) recherche notamment des « mécènes » pour des prêts de simulateurs et d’aéronefs afin de finir des formations, même « à titre bénévole ».

Au sein du collectif, deux membres de l’équipe pédagogique évoquent « un changement de train de vie » de l’équipe de direction à partir de 2019 : « des voitures de fonction devenues des Tesla », des « déplacements en jets privés » et des « vacances en famille camouflées en déplacements professionnels ».

Contactée, la société n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.