Attaque de la mosquée de Bayonne : Non-lieu confirmé, un an et demi après les faits

JUSTICE L’issue du dossier était prévisible depuis le décès en prison, en février 2020, de Claude Sinké, l’assaillant présumé de 84 ans qui avait ouvert le feu et blessé deux fidèles

20 Minutes avec AFP

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Une attaque avait été perpétrée par un homme de 84 ans contre la mosquée de Bayonne en 2019
Une attaque avait été perpétrée par un homme de 84 ans contre la mosquée de Bayonne en 2019 — GAIZKA IROZ / AFP

Le dossier est définitivement clôturé. Un non-lieu vient d’être rendu dans  l’attaque de la mosquée de Bayonne sur fond de racisme anti-musulman, il y a un an et demi, a annoncé ce mercredi le parquet de Bayonne. Deux hommes avaient été grièvement blessés par un octogénaire décédé depuis.

La juge d’instruction de la cour d’appel de Pau en charge du dossier a signé mardi l’ordonnance de non-lieu, a indiqué le parquet. Le mois dernier, le procureur de la Républiquen Jérôme Bourrier, avait rendu un réquisitoire de non-lieu pour l’extinction de l’action publique. « Le mis en examen étant décédé et l’information judiciaire n’ayant révélé aucune complicité », impossible d’aller plus loin, a résumé le procureur.

Pas de complicités

L’issue du dossier était prévisible depuis le décès en prison, en février 2020, de Claude Sinké, l’assaillant présumé de 84 ans qui avait ouvert le feu et blessé deux fidèles avant de tenter d’incendier la mosquée, le 28 octobre 2019. La perspective d’un procès s’évanouissait, d’autant que l’enquête n’a pas montré qu’il avait bénéficié de complicités. Les avocats des victimes avaient en vain plaidé pour que le parquet national antiterroriste (Pnat) se saisisse du dossier.

Au moment du réquisitoire de non-lieu, l’avocat d’une victime, Amar Kariouh, avait évoqué « une double peine pour les victimes. La première, c’est que le Pnat aurait dû se saisir et la seconde, c’est que, finalement, il n’y aura pas de justice », avait déclaré Me Mehana Mouhou.

Il voulait « venger l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris »

Claude Sinké, ancien candidat du Front national à des élections départementales, écarté du parti par la suite, avait expliqué aux enquêteurs avoir voulu « venger l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris », qu’il attribuait « aux musulmans ».

L’avocat déplorait que les investigations se soient « toujours limitées » à Claude Sinké présenté en « loup solitaire », et avait vu dans la non-saisine du Pnat un « refus d’enquêter sur les milieux extrémistes ».