Coronavirus : « Grand Ouest américain » ou « aurores boréales en Norvège », ils racontent leur voyage de rêve après la crise sanitaire

TOURISME Destination nature, road-trip ou découverte d’une ville « musée » ? Les Français rêvent déjà d’un séjour idyllique lorsque les conditions sanitaires le permettront

Delphine Bancaud
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Le grand canyon dans le Grand ouest américain
Le grand canyon dans le Grand ouest américain — Pixabay
  • Pour l’heure, les séjours à l’étranger sont strictement encadrés. Mais lorsque les restrictions seront levées, le besoin de voyager risque fort de se faire ressentir chez les Français qui en auront les moyens.
  • Selon une étude du groupe hôtelier Ascott Limited parue en mars, parmi les destinations les plus convoitées des Français pour l’après Covid-19, figurent l’Espagne, les Etats-Unis, l’Irlande, la Thaïlande, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Autriche, l’Allemagne et les Pays-Bas.
  • Les lecteurs de 20 Minutes nous ont aussi fait part de leurs rêves d’évasion.

Après une année compliquée ponctuée de restrictions de déplacements, ils rêvent d’évasion. Dans leurs rêves pour la vie d’après Covid-19, les Français s’imaginent déjà valise à la main pour explorer le monde. Selon une étude du groupe hôtelier Ascott Limited parue en mars, parmi les destinations que nos compatriotes voudraient découvrir ou revisiter dans quelques mois en dehors de la France, figure en premier l’Espagne, puis les Etats-Unis, l’Irlande, la Thaïlande, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Autriche, l’Allemagne et les Pays-Bas.

Des résultats qui montrent l’envie de certains de projeter « des voyages dans les pays limitrophes », explique Philippe Mettey, vice-président ventes et marketing chez Europe Ascott Limited. « Nous pouvons supposer que les incertitudes qui pèsent amènent à choisir des destinations accessibles par train ou en voiture », poursuit-il. C’est le cas de Lennie, qui a répondu à notre appel à témoins, et qui rêve d' Espagne et d’Italie : « Après la fin du coronavirus, lorsque la vie normale reprendra, j’aimerais voyager dans un pays chaud. Je voudrais me promener dans les rues où la foule se balade entre amis. J’aimerais m’asseoir autour d’un café dans un bar près de la mer sans me soucier de rester à une certaine heure à cause d’un couvre-feu. J’aimerais reprendre ma vie d’avant, sortir en discothèque, rencontrer de jeunes, faire des nouvelles connaissances… », explique-t-elle. En Europe, beaucoup d’entre nous souhaitent visiter de grandes métropoles : « Après de longs mois sans spectacles, restaurants, musées, nous avons pu identifier une réelle envie de redécouvrir les grandes capitales. L’envie de redécouvrir des lieux d’exception (musées, monuments historiques) est là », souligne Philippe Mettey.

« Le Grand Ouest américain, j’en rêve depuis des années »

Mais outre l’Europe, le rêve américain est toujours bien présent chez les Français, à l’instar de Gérard : « Le Grand Ouest américain, j’en rêve depuis des années. La crise sanitaire m’a fait comprendre l’importance des voyages et du besoin de dépaysement total ». Idem pour un autre de nos lecteurs : « Je veux retourner aux États-Unis. Mon dernier voyage date d’octobre 2019 et j’avoue que ce pays me manque. D’habitude, j’y vais deux fois par an ». Michèle, elle, projette de retourner à New York « Pour revoir les écureuils à Central Park, me balader à Times Square, revoir des gens, écouter la musique dans le métro new-yorkais, flâner dans les rues ». Cet engouement pour le pays de l’oncle Sam n’étonne pas Philippe Mettey : « Cette destination a toujours été très prisée du marché français. Cela reflète l’envie d’évasion après de longs mois de restriction de voyage ».

Autre tendance : l’envie de grands espaces, de destinations nature. Ce qui pousse Daniel à imaginer poser ses valises en Nouvelle-Zélande : « Nous voudrions faire un road-trip de six semaines afin de tout découvrir de ce pays à la géographie, la flore, les forêts, la faune si diversifiée ». Dominique, elle, hésite encore : « Aventure africaine en Namibie pour les grands espaces, ou bien Yunnan/Tibet, ou encore Guatemala ? ». Et même si elle n’aura pas chaud, Annaick a fait un choix très différent : « Je veux voir les aurores boréales à Tomso, en Norvège. Je me poserai sur un site dégagé avec un thermos de chocolat et j’en prendrai plein les yeux, emmitouflée dans un plaid ».

« Quand tout sera passé, je serai prêt pour partir en Russie »

De son côté, Josiane imagine plus un voyage teinté de bleu : « Après être allés dans les îles sous le vent et les Tuamotu en Polynésie et être tombés sous leur charme, nous aimerions fêter nos 50 ans de mariage sur le bateau l’Aranui 5 en allant aux Marquises, dès que la situation sanitaire le permettra ». La crise sanitaire a permis à certains Français dont le travail n’a pas été affecté d’épargner. Ce qui peut leur permettre aussi de regarder loin, comme c’est le cas pour Damien : « Quand tout sera passé, je serai prêt pour partir en Russie, ou en Norvège si c’est possible l’hiver prochain ». Et pour ceux dont le voyage de noces a été reporté à cause de la crise sanitaire, pas question de voyager dans un pays proche. Pour Ludovic et sa femme, ce sera « la Tanzanie et Zanzibar ».

Nos lecteurs évoquent aussi le Canada, l’Inde, la Chine, la Namibie, le Chili, l’Iran, le Japon… Preuve qu’en matière de tourisme, chacun à ses fantasmes. Mais quelle que soit la destination visée, une chose est sûre, selon Philippe Mettey : les Français n’auront pas les mêmes exigences qu’avant le Covid-19.  « La crise sanitaire a modifié la manière de voyager et de réserver. Les clients recherchent aujourd’hui des établissements ayant mis en place des normes d’hygiène drastiques. Ils souhaitent aussi beaucoup de flexibilité, et les tarifs annulables et modifiables sont essentiels pour confirmer des réservations pour les mois à venir ». Des changements dont les voyagistes vont devoir tenir compte pour séduire à nouveau les touristes.

* Enquête menée auprès de la base opt-in d’Ascott entre le 21 et le 27 janvier – 950 répondants résidant en France, entre 18 et 65 ans.