Brexit : L’Etat apporte une aide de 100 millions d’euros aux pêcheurs

SOUTIEN En déplacement à Boulogne-sur-Mer, la ministre de la Mer a assuré que ces aides, validées par la Commission européenne seront versées dans maximum « six mois »

20 Minutes avec AFP
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Un bateau de pêche dans le port de Boulogne-sur-Mer (illustration).
Un bateau de pêche dans le port de Boulogne-sur-Mer (illustration). — F.Launay/20 Minutes

Pour calmer la colère des marins-pêcheurs, particulièrement mobilisés la semaine dernière, le gouvernement ouvre son porte-monnaie. La ministre de la Mer a annoncé lundi aux pêcheurs de Boulogne-sur-Mer le déblocage d’une enveloppe de 100 millions d’euros dans le cadre d’un plan d’accompagnement de la filière pêche post- Brexit.

Accompagnée par le secrétaire d’Etat aux affaires européennes Clément Beaune, Annick Girardin a également assuré aux représentants du secteur que 21 nouvelles licences, pour permettre aux bateaux français de pêcher dans les eaux britanniques, seraient prochainement délivrées. Les aides « validées ces dernières heures par la Commission européenne, (…) sont immédiatement mobilisables et seront réglées, payées, avant un délai maximum de six mois », a assuré la ministre à la sortie d’une réunion de plus de 2 heures 30 avec les professionnels.

Des subventions directes

Selon la Commission européenne, le plan de soutien prévoit des « subventions directes » destinées à faire face notamment aux « réductions de quotas prévues dans l’ACC (Accord de commerce et de coopération entre l’UE et le Royaume-Uni) » et à « l’impossibilité d’accéder aux eaux britanniques et aux eaux d’autres pays tiers ». « Nous avons compris (…) la détresse, l’exaspération des marins-pêcheurs », alors que le Brexit s’ajoute à « un an de difficultés » liées au Covid-19. « L’Etat se doit d’être au rendez-vous de l’accompagnement (…) de l’efficacité », a poursuivi Annick Girardin.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, plus d’une centaine de marins-pêcheurs s’étaient rassemblés à Boulogne-sur-Mer, prêts à bloquer les camions en provenance du Royaume-Uni. Ils dénonçaient les importants retards pris dans la mise en place de l’accord de pêche post-Brexit conclu avec le Royaume-Uni. « Nous nous sommes entendus » avec la Commission européenne « pour que nous utilisions tous les leviers possibles » pour faire appliquer l’accord, a déclaré Clément Beaune, évoquant des « mesures de rétorsion » possibles. Olivier Leprêtre, président du comité régional des pêches, a pour sa part salué un plan « intéressant » qui permettra « de maintenir la tête hors de l’eau ».