Attaque terroriste à Rambouillet : Ce que l'on sait de l'avancée de l'enquête

ATTENTAT Le procureur national antiterroriste a donné une conférence de presse ce dimanche matin deux jours après l'attentat de Rambouillet

R. G.-V.

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Le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard. (archives)
Le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard. (archives) — VALERY HACHE / AFP
  • Le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, a donné quelques précisions sur l’enquête lors d’une conférence de presse.
  • L’assaillant a porté deux coups de couteau à la fonctionnaire de police avant d’être abattu.
  • Sa radicalisation « paraît peu contestable » pour le procureur antiterroriste. Depuis ce dimanche, cinq personnes parmi ses proches sont en garde à vue.

Deux jours après l’attentat terroriste au couteau qui a coûté la vie à une agente du commissariat de Rambouillet ( Yvelines), le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, a donné quelques précisions sur l’enquête lors d’une conférence de presse. Voici ce que l’on sait.

L’attaque

L’attaque a eu lieu vendredi à 14 h 25, dans le sas d’entrée du commissariat de Rambouillet. L’assaillant, Jamel G., a porté deux coups de couteau à Stéphanie M., fonctionnaire de police, un à l’abdomen et un à la gorge. Il a crié « allahu akbar » au moment de l’attaque. Un collègue de la victime a répondu par un coup de feu vers Jamel G., celui-ci a refusé de laisser tomber son couteau, avec une lame de 22 cm, c’est alors que le policier a tiré un deuxième coup de feu. L’agresseur s’est effondré après avoir lancé le couteau en direction des policiers, a indiqué Jean-François Ricard.

Avant l’attaque

Sur ce plan, c’est l’analyse des caméras de surveillance qui se révèle intéressante. Le procureur national antiterroriste a expliqué que l’assaillant avait été repéré une première fois à 12 h 48 puis quelques minutes sur un scooter, près d’une salle de prière, on ne sait néanmoins pas s’il est rentré dans cette salle. A 14 h 19, il est près du commissariat, avec un sac cabas où se trouvait un Coran et un tapis de prière. Trois minutes plus tard, il s’arrête devant le bâtiment, consulte son téléphone et met des écouteurs. L’analyse du téléphone indique qu’il écoutait juste avant l’attaque des chants religieux. Jamel G. fait ensuite des allers-retours devant le bâtiment, tout en gardant les yeux rivés vers l’entrée, a précisé Jean-François Ricard.

L’assaillant

Jamel G. était Tunisien et avait 36 ans. Il bénéficiait d’un permis de séjour délivré en décembre valable un an. Il travaillait comme chauffeur livreur. Officiellement il était domicilié chez un couple d’amis à Thiais, dans le Val-de-Marne, mais résidait chez son père depuis quelques années, à quelques kilomètres du commissariat de Rambouillet.

La radicalisation de Jamel G. « paraît peu contestable » pour le procureur antiterroriste. Son père a expliqué aux enquêteurs qu’il avait remarqué un changement de comportement et une pratique de l’islam plus rigoriste ces derniers temps par son fils. Lors des attentats de l’automne dernier il avait posté des messages de soutiens aux terroristes sur les réseaux sociaux. L’agresseur présentait également « certains troubles de personnalité » et des symptômes de dépression. Jamel G. avait « sollicité une consultation psychiatrique » au centre hospitalier de Rambouillet le 19 février, puis avait eu un nouveau rendez-vous le 23 février. Cependant « il semble que son état n’a nécessité ni hospitalisation, ni traitement », a dit Jean-François Ricard.

Les gardes à vues

Depuis ce dimanche, cinq personnes sont en garde à vue. D’abord le père de l’assaillant, interpellé à son domicile lors d’une perquisition. Sur place les enquêteurs ont retrouvé des téléphones cassés et des cartes SD. La garde à vue du père a été prolongée. Ensuite le couple de Thiais où était officiellement domicilié Jamel G., leur garde à vue a aussi été prolongée. Enfin deux cousins de l’assaillant sont aussi actuellement en garde à vue, dont un arrêté ce dimanche matin.