Lille : L’Eglise inaugure une « prépa curé » pour les jeunes en quête de vocation

RELIGION Plusieurs diocèses de la région des Hauts-de-France s’associent pour lancer une année de préparation pour aider les candidats à confirmer leur choix d’entrer au séminaire

Mikaël Libert

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Dans une église (illustration)
Dans une église (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Trois diocèses du Nord et du Pas-de-Calais ont créé une année de « prépa » prêtre.
  • Il s’agit pour les jeunes souhaitant intégrer le séminaire de confirmer leur volonté.
  • Une quinzaine de places seront ouvertes dès la rentrée de septembre, dont cinq pour des jeunes femmes souhaitant devenir religieuses.

S’engager en connaissance de cause. La plupart des grandes écoles proposent des prépas aux étudiants qui souhaitent intégrer leurs cursus scolaires. C’est désormais le cas de l’Eglise catholique. Il s’agit d’une année au cours de laquelle les jeunes attirés par la prêtrise vont pouvoir se faire une idée de ce que cela implique. Il existe une quinzaine de « prépas » prêtre en France, dont une à Lille d’un nouveau genre, qui ouvre ses portes dès la rentrée prochaine.

La crise des vocations ne date pas d’hier au sein de l’Eglise catholique. Les candidats se font tellement rares que le diocèse de Lille a même pris la décision, il y a deux ans, de « suspendre » son séminaire faute d’élèves. Pourtant, le besoin de prêtre existe et le Vatican s’échine à trouver des solutions pour attirer des candidats. L’instauration des « prépas » en est une. « Dès septembre, nous allons accueillir des jeunes qui se posent la question d’entrer au séminaire pour une année au cours de laquelle ils vont se fonder spirituellement, creuser la Bible, la théologie, se mettre au service des plus pauvres », explique le père Christophe Danset, responsable de la prépa lilloise.

Une vraie préparation et non un concours

En fait, cela n’a rien à voir avec ce qui se pratique dans les grandes écoles. « Cette année n’est pas faite pour sélectionner des candidats qui seraient meilleurs que d’autres. Bien au contraire, elle sert avant tout à ce que les jeunes trouvent ce qui les habite et ce qu’ils désirent faire », poursuit l’homme d’Eglise. Parce que l’on peut être habité par la foi sans pour autant vouloir une vie de prêtre, d’autant que les études de séminariste durent six ans.

Cette prépa se déroulera à la Maison Saint-André, en plein cœur du Vieux-Lille. « C’est notre principale différence avec les autres prépas. Les jeunes ici ne se retirent pas du monde mais continuent de vivre dedans », insiste le père Danset. Il faudra tout de même respecter les « règles de vie de la maison », dormir sur place, participer à la vie communautaire, suivre les temps de prière, les cours et rendre les évaluations. « L’idée est aussi d’apporter les connaissances de base qui manquent souvent, même aux jeunes chrétiens, notamment de la Bible, avant que les jeunes se lancent dans les études », glisse le prêtre.

La scolarité est gratuite mais il y a tout de même quelques critères de sélection. « Il faut avoir entre 20 et 35 ans et être bien dans ses baskets. Ce n’est pas le lieu et nous n’avons pas vocation à accueillir des personnes qui ont juste besoin de se reconstruire », reconnaît le père Danset. Une quinzaine de places sont ouvertes, dont cinq pour des jeunes femmes. Alors non, l’Eglise catholique n’a pas (encore) ouvert la prêtrise aux femmes, les postulantes suivront donc quasiment les mêmes enseignements que les garçons, mais pour devenir religieuses.