Coronavirus : Comment la reprise des cours va-t-elle se dérouler à partir de lundi ?

EDUCATION Le Premier ministre a fait un point ce jeudi sur les restrictions liées à l’épidémie de coronavirus et présenté les modalités de la reprise des cours pour une partie des élèves lundi

J.B. avec AFP

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Devant l'entrée de l'école primaire de Saint-Ouen-de-Mimbre, dans la Sarthe.
Devant l'entrée de l'école primaire de Saint-Ouen-de-Mimbre, dans la Sarthe. — Patrick Siccoli
  • Jean Castex, Jean-Michel Blanquer et Olivier Véran ont tenu une conférence de presse ce jeudi pour faire un point sur l’épidémie de coronavirus et sur la reprise des cours lundi prochain.
  • Comme prévu, les maternelles et les écoliers reviendront dans les classes la semaine prochaine. Pour les collégiens et les lycéens, ce sera à partir du 3 mai.
  • Le gouvernement veut par ailleurs accélérer le dépistage, en renforçant l’utilisation des tests salivaires et en distribuant des autotests pour les lycéens et les personnels.

 

Une rentrée sous haute surveillance. Après trois semaines de coupure (dont la première avec des cours à distance) pour endiguer la troisième vague de coronavirus, une partie des élèves français va bien reprendre le chemin de l’école lundi. Une reprise dont les contours ont été détaillés ce jeudi en conférence de presse par Jean Castex, Jean-Michel Blanquer et Olivier Véran.

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Qui va reprendre les cours lundi ?

Comme l’avait annoncé Emmanuel Macron dans son allocution du 31 mars, les élèves de maternelles et des écoles (les crèches sont aussi concernées) vont rouvrir leurs portes la semaine prochaine. Car malgré les risques de contamination, « les dégâts causés par la fermeture prolongée des écoles sont catastrophiques », a justifié le Premier ministre. « Les enfants ont besoin de l’école, c’est fondamental sur les plans éducatif, social et psychologique », a jouté le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

Pour les collégiens et les lycéens – là encore comme prévu –, ce 26 avril ne marquera que le retour… des cours à distance. Le présentiel, lui, ne se fera pour eux qu’à partir du 3 mai.

Seront-ils alors tous présents dans les classes ? Non. Avant le troisième confinement, les lycées  fonctionnaient en modèle hybride, avec la moitié des élèves présents et l’autre à distance. Ce système va être reconduit pour tous les lycées du territoire.

Au collège, les élèves de 6e et de 5e reprendront les cours normalement. En revanche, pour les élèves de 4e et de 3e, c’est le mode hybride (demi-jauge par classe) qui sera mis en place dans les départements les plus touchés par l’épidémie.

Quel sera le protocole dans les maternelles et les écoles lundi ?

Là encore, on prend les mêmes et on recommence. Le protocole qui était en vigueur fin mars ne change pas : un cas de Covid-19 détecté dans une classe signifie sa fermeture immédiate. Tous les élèves du groupe sont alors considérés comme cas contact et doivent être isolés durant sept jours. Cette mesure vaudra pour tous les niveaux, sur l’ensemble du territoire. Ce qui pourrait entraîner de nombreuses fermetures de classes. 

Les tests salivaires vont-ils encore être utilisés dans les écoles ?

Oui. Fin mars, entre 250.000 et 300.000 tests salivaires étaient réalisés chaque semaine dans les établissements, selon Jean Castex. Le gouvernement souhaite monter en régime pour atteindre 400.000 tests par semaine à la reprise, et 600.000 à la mi-mai. Les écoliers sont concernés, mais aussi les collégiens.

Qu’est-il prévu pour tester les lycéens et le personnel ?

Dans son dernier avis, le Conseil scientifique estimait que l’utilisation des autotests est « adaptée » pour « les enfants des collèges et lycées ». Ça tombe bien, car les lycéens vont devoir en utiliser quand ils reviendront en classe.

Le gouvernement va en distribuer afin que chaque lycéen puisse faire un autotest par semaine. Des tutoriels vont être diffusés la semaine prochaine par des personnes qualifiées, a indiqué Jean-Michel Blanquer. Le but : être prêt pour commencer ces autotests hebdomadaires à partir du 10 mai, dans un lieu dédié au sein de l’établissement. Un bilan sera établi dès la première semaine, avec la possibilité, par la suite, que les lycéens fassent cet autotest directement chez eux, a notamment indiqué le ministre.

Les professionnels de l’Éducation, eux, recevront deux autotests à faire chez eux chaque semaine, jusqu’à l’été, et pourront commencer dès la semaine prochaine, a indiqué le Premier ministre.

Et pour les collégiens ? Les autotests sont pour l’heure, préconisés pour les personnes de plus de 15 ans. Mais un avis doit être rendu la semaine prochaine par la HAS concernant les collégiens. Et si son avis s’avère favorable, « nous verrons pour les déployer plus largement », a affirmé le chef du gouvernement.

Que pensent les syndicats d’enseignants ?

Avant la prise de parole de ce jeudi, ils avaient mis la pression en réclamant notamment un dépistage massif des personnels et des élèves. Autre demande, une vaccination accrue des enseignants. Des créneaux leur sont dédiés depuis le week-end dernier, comme d’autres professions, pour les plus de 55 ans. Mais « seulement 16 % ont plus de 55 ans », a fait remarquer Jean-Rémi Girard, du Snalc (secondaire). Ce même syndicat réclamait un protocole plus strict dans les cantines.