Toulouse : Transfert d’une détenue transgenre vers le quartier des femmes après une décision judiciaire

PRISON Les syndicats de surveillants pénitentiaires demandent son transfert au quartier transgenre de Fleury-Mérogis

20 Minutes avec AFP

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Un gardien de prison dans la maison d'arrêt de Seysses.
Un gardien de prison dans la maison d'arrêt de Seysses. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Une détenue transgenre vient d’obtenir son transfert au quartier femmes par décision judiciaire.
  • Les fouilles de cette détenue, encore en transition, posent problème aux surveillantes du quartier des femmes.
  • Un syndicat de surveillants a envoyé un courrier au procureur de la République demandant son transfert vers le quartier transgenre de Fleury Mérogis.

Rudoyée dans le secteur hommes de la maison d’arrêt de Seysses, une détenue transgenre vient d’obtenir en justice son transfert dans le quartier des femmes. Le 9 avril, une décision du tribunal judiciaire de Toulouse a confirmé le changement de sexe à l’état civil de la détenue et ouvert ainsi la voie à son changement de quartier.

Jusqu’à présent, elle était notamment contrainte de porter des vêtements d’homme par le personnel pénitentiaire, selon ses comités de soutien. En détention depuis juin 2020, elle subissait les « propos et actes transphobes de la part de nombreux surveillants », indique l’association toulousaine Grisélidis, qui défend les travailleurs et travailleuses du sexe.

Avant d’intégrer le quartier des femmes, la détenue était placée à l’isolement. « Ce ne sera pas forcément plus simple pour elle dans le quartier des femmes », s’inquiète pourtant Laura Garnier, secrétaire de l’association LGBT Arc-en-Ciel Toulouse. « La reconnaissance en milieu carcéral de notre identité de genre est longue et fastidieuse », poursuit-elle. « Déjà qu’il y a beaucoup de violence en prison, imaginez ce que peut endurer une femme trans. »

Quartier transgenre à Fleury

La décision judiciaire pose « un problème au niveau des fouilles », car cette transgenre, en pleine transition, a toujours « des attributs d’homme » indique le responsable du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS) à la maison d’arrêt de Seysses. « On demande à des surveillantes de fouiller une détenue qui a des attributs d’homme » explique-t-il, affirmant que « la loi dit que cela doit se faire entre personnes de même sexe ».

Le syndicat a envoyé mardi un courrier au procureur de la République de Toulouse, lui demandant une issue légale grâce à son transfert au quartier transgenre de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.

La question des conditions de détention des transgenres est souvent un thème de revendications des associations LGBT. En octobre 2020, le Plan national d’actions pour l’égalité contre la haine et les discriminations anti-LGBT, étalé sur trois ans, prévoyait de « mieux protéger les personnes LGBT+ incarcérées ».