Lyon : Qui est Gérard Pignol, candidat à la présidentielle de 2022 ?

PORTRAIT Marseillais d’origine, ce musicien et ancien principal de collège, aujourd’hui installé près de Lyon, s’est fixé le défi d’engranger les 500 signatures permettant de se présenter à l’élection

Elisa Frisullo

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Gérard Pignol, habitant d'Oullins vers Lyon est candidat à la présidentielle en 2022.
Gérard Pignol, habitant d'Oullins vers Lyon est candidat à la présidentielle en 2022. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Gérard Pignol, un ancien principal de collège à la retraite, a décidé de se présenter à la Présidentielle de 2022.
  • Installé à Oullins, vers Lyon, ce musicien pense avoir plusieurs cordes à son arc pour convaincre les Français, fatigués, comme lui, des candidatures programmées, négociées et frustrantes.
  • Le petit candidat indépendant détaille son défi et ses premières mesures dans une vidéo en ligne qui a déjà tapé dans l’œil de pas mal de Français.

Chapeau vissé sur la tête, Gérard Pignol pose devant un massif de son jardin. Un brin coquet, cet Oullinois a le verbe facile et le regard amusé. Mais le défi que ce retraité s’apprête à relever n’a rien d’une plaisanterie. Il y a quelques semaines, ce Marseillais d’origine, installé dans la région lyonnaise depuis vingt-cinq ans, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2022. Une décision tout à fait sérieuse, donc, et un challenge qui semble presque impossible sur le papier auquel ce musicien, ancien professeur de collège, croit dur comme fer.

« Mon credo, c’est rêvons à l’impossible. C’est parfaitement d’actualité avec la crise sanitaire, économique et sociale que nous traversons, confie-t-il à 20 Minutes. Les Français ont besoin d’espoir, de perspectives et de confiance. Je crois qu’ils en ont assez des candidatures programmées, négociées et frustrantes et qu’ils ne veulent pas d’un second tour Emmanuel Macron – Marine Le Pen. Moi non plus. Mon défi et la question c’est : est-ce qu’un petit candidat, hors parti et sans moyen, peut maintenir sa candidature jusqu’au bout ? »

L’Histoire a tendance à l’inciter à y croire lorsqu’il se remémore Marcel Barbu, ce candidat de dernière minute qui a participé à la première élection au suffrage universel direct. C’était en 1965 avec face à lui, les monstres de la politique qu’étaient de Gaulle et Mitterrand. « Il a réussi à obtenir les signatures et à faire un tout petit score. De Gaulle l’a surnommé l’hurluberlu, mais il était là et il a réussi à exprimer ses idées », souligne Gérard Pignol, qui a troqué le béret porté à l’époque par l’utopiste Barbu contre un chapeau.

« C’est un signe de reconnaissance, cela correspond bien à ma personnalité. Et puis d’un chapeau, il peut sortir plein d’idées originales », glisse l’ancien principal de collège déterminé à créer la surprise. « Franchement, j’y crois, sinon je ne me présenterais pas », souligne le musicien dont la vidéo de présentation diffusée en ligne rencontre un vrai succès. « Elle a été vue plus de 158.000 fois, si ça, c’est pas un encouragement. Je reçois chaque jour des mails et des SMS de soutiens sympathiques. Même si c’est une toute petite place, elle existe, je crois, entre tous les candidats », ajoute Gérard Pignol, qui insiste sur sa démarche apolitique et on ne peut plus sérieuse.

L’Education comme priorité nationale

« Je suis, je crois, quelqu’un d’original, d’optimiste et d’enthousiaste mais je suis déterminé. Je fais cela sérieusement, j’ai conscience des enjeux et je pense avoir quelques idées originales qui permettraient de changer les choses ». De passer de l’utopie à la réalité, en somme. Pour convaincre, ce musicien a planché sur une série de mesures concrètes qu’il détaille dans sa vidéo. Parmi elles, il aimerait faire de l’Education une priorité nationale. « Cela doit passer par les parents et les enseignants. L’éducation, c’est la base de tout dans une société. Il faut des clés qui permettent de retrouver l’autorité, la confiance, le respect et la considération. L’éducation est la première solution pour éviter la violence ». Pour les étudiants et les populations précaires, il prévoit de créer une « ressource vie étudiante et vie ».

« Les étudiants sont dans une grande galère. Il faut agir. Cette ressource leur permettrait de mener à bien leurs études et pour les gens en situation de pauvreté, cela leur permettrait de vivre tout simplement ». Pour l’emploi, l’ancien principal de collège envisage de mettre en place dès la rentrée de septembre 2022 une heure de cours hebdomadaire dans l’emploi du temps des collégiens (de la 5e à la 3e) pour permettre aux élèves de découvrir dès le plus jeune âge l’univers professionnel.

« Il ne faut pas opposer les jeunes aux plus anciens »

« Il s’agit de faire rentrer l’entreprise à l’école et d’offrir aux élèves la possibilité de découvrir tout type d’entreprises, de la PME à la TPE en passant par les artisans », souligne Gérard Pignol, qui n’a pas oublié non plus d’inclure dans son programme en préparation des propositions pour les élus du peuple. Il prévoit pour les députés comme pour les étudiants représentant l’élite française (l’ex-Ena notamment) des stages professionnels pratiques sur le terrain. Des idées parmi tant d’autres qui retiendront l’attention du plus grand nombre, espère le musicien dont l’âge ne semble pas freiner les projets.

« J’ai l’habitude de répondre que je suis plus jeune que Joe Biden, s’amuse-t-il. Il ne faut pas opposer les jeunes aux plus anciens. La France est un tout, on peut avoir un certain âge mais être jeune dans sa tête et répondre aux attentes des jeunes », poursuit le prof de musique à la retraite, déterminé à se faire la voix des innombrables Français avides d’autres choses. Pas d’un nouveau monde, non, mais de rêves accessibles. « Les utopies réalisables des Français valent bien mieux que les promesses des politiques ».