Lyon : Douze parlementaires réclament un débat public sur le projet de télécabine « décidé sans concertation »

TRANSPORTS EN COMMUN Onze députés et un sénateur LREM du Rhône ont saisi la Commission nationale du débat public pour demander une concertation des futurs projets du Sytral, dont la réalisation d’un téléphérique entre Francheville et Lyon

Caroline Girardon

— 

Douze parlementaires du Rhône demandent un débat public sur le projet de télécabine de Lyon. (illustration)
Douze parlementaires du Rhône demandent un débat public sur le projet de télécabine de Lyon. (illustration) — Biju BORO / AFP
  • Douze parlementaires LREM du Rhône ont saisi la Commission nationale publique pour demander un débat sur le projet de télécabine des écologistes à Lyon.
  • Ils dénoncent une « décision prise sans concertation ».
  • Ils regrettent également la suspension du projet de métro E, pourtant validé dans le plan de déplacements urbains de 2017.

Des projets de transports en commun décidés sans concertation ? Douze parlementaires LREM du Rhône ont saisi la Commission nationale du débat public afin de mettre la pression sur le Sytral, piloté par l’écologiste Bruno Bernard. L’objectif : enclencher une concertation globale de l’ensemble des habitants de la métropole lyonnaise au sujet du plan de mandat, voté au mois de décembre, et des grands projets qu’il contient.

« Certains sont en opposition totale avec le plan de déplacements urbains (PDU) voté en 2017, indique en préambule le député Cyrille Isaac-Sibille à l’origine de cette démarche. En général, chaque mandature poursuit le travail engagé lors du mandat précédent, sinon il y a une rupture ».

La télécabine, une « décision prise sans concertation »

Rupture ou volonté de se démarquer ? A peine élue, la nouvelle majorité écologique n’a pas traîné pour détricoter l’un des projets phares porté par Gérard Collomb : la réalisation du métro E (voté au PDU) censé désengorger l’ouest lyonnais relativement mal desservi en transports en commun. Pour inscrire à la place la construction d’un téléphérique qui relierait Francheville à Lyon. Et c’est là que le bât blesse.

« Cette décision a été prise sans aucune concertation. Le Sytral a tout fait à l’envers, estime le député Bruno Bonnell. Faisons la comparaison avec une famille qui partirait en vacances. On choisit d’abord les dates, les lieux, le budget et organise le voyage. Là, dans le cas présent, on a validé le projet, puis voté le financement avant d’établir le calendrier et demander l’avis des élus et des habitants ».

« Qu’ils veuillent faire évoluer le PDU, je comprends mais il y a des étapes à respecter », martèle le député Thomas Rudigoz. Le débat public en est une, rappelle-t-il. Accusant le Sytral « d’avancer de manière cachée », les parlementaires ne décolèrent pas. « On sait que le téléphérique ne compensera pas les autres infrastructures abandonnées ou en moratoire », poursuit Bruno Bonnell, insistant sur la nécessité de « donner de la continuité aux actions déjà engagées ».

« Il y a alerte verte »

Rappelant que le périmètre du Sytral sera étendu à l’ensemble du département du Rhône le 1er janvier 2022, le député Thomas Gassilloud plaide pour le maintien du projet du métro E, qui faisait le consensus sous la mandature précédente. « Il permettrait de faciliter le rebattement des populations rurales vers le centre de Lyon. Aujourd’hui, il faut deux heures pour relier Saint-Symphorien-sur-Croise à la gare de la Part-Dieu ».

« Le problème est que les écologistes veulent faire passer leur vision du monde de gré ou de force… Il y a alerte verte ! Il faut tirer la sonnette d’alarme politique », conclut Bruno Bonnell.

En décembre, le Sytral a voté un plan d’investissements de 2,55 milliards d’euros pour les cinq ans à venir, soit le double du montant investi sur la période précédente.