Nice : Des jeunes étrangers arrêtés en sortant des bureaux de l’aide à l’enfance

MIGRANTS Le département des Alpes-Maritimes évoque « une fin de prise en charge » due à leur majorité et un « accord avec la police »

20 Minutes avec AFP

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Des migrants interpellés en gare de Menton-Garavan (Illustration)
Des migrants interpellés en gare de Menton-Garavan (Illustration) — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Les services du département des Alpes-Maritimes confirment que huit jeunes évalués majeurs ont été remis à la police aux frontières (PAF) entre octobre 2020 et mars 2021.
  • « Au vu de la pression des flux, on ne peut pas se permettre d’accueillir des majeurs qui dévoient les dispositifs de protection de l’enfance », répond la collectivité.

Elle recense une « une dizaine de cas en six mois ». L’association Tous citoyens ! dénonce le sort de jeunes étrangers arrêtés en sortant des bureaux de l’aide à l’enfance du département des Alpes-Maritimes. La collectivité évoque de son côté « une fin de prise en charge » due à leur majorité et un « accord avec la police ».

« Il est extrêmement choquant qu’un service social procède à des signalements donnant lieu à des arrestations par la police concernant de jeunes exilés ne présentant pas de menace pour l’ordre public », a critiqué l’association.

« Des majeurs qui dévoient les dispositifs de protection de l’enfance »

« Ce procédé est contraire au modèle social français » et « l’avenir de ces jeunes qui ont subi, de leur exil et leur migration à leur arrivée en France, bien des souffrances, se trouve ainsi brisé », ajoute Tous citoyens ! qui demande à la préfecture et au département d’y « mettre immédiatement fin ».

« Au vu de la pression des flux, on ne peut pas se permettre d’accueillir des majeurs qui dévoient les dispositifs de protection de l’enfance », ont répondu les services du département, confirmant que huit jeunes évalués majeurs ont été remis à la police aux frontières (PAF) entre octobre et mars.

« On a un accord avec la direction départementale de la police aux frontières qu’on appelle pour venir chercher ces jeunes évalués majeurs. La plupart partent avant d’avoir cet entretien, et très peu sont remis à la PAF », a ajouté la Direction de l’Enfance.

La minorité négative dans 142 cas sur 342

Ces quatre dernières années, plusieurs milliers de jeunes étrangers sont arrivés dans les Alpes-Maritimes depuis l’Italie et en se présentant comme mineurs isolés relevant de la protection de l’enfance (791 en 2017, 2.238 en 2018, 1.871 en 2019 et 2.683 en 2020), obligeant le département à adapter en permanence ses dispositifs d’accueil.

La plupart (80 %) sont rapidement repartis ailleurs. L’an dernier, l’Aide sociale à l’Enfance a réalisé une évaluation de leur minorité pour 342 jeunes, « faite par du personnel formé et dans le respect de la législation », et négative dans 142 cas.

Depuis 2015 et l’afflux de migrants arrivant de l’autre côté de la frontière, la préfecture des Alpes-Maritimes et la PAF ont été à plusieurs reprises mises en cause voire condamnées pour des violations des droits des étrangers, renvois expéditifs, déni du droit d’asile, etc.