Bretagne : Un ancien presbytère se rêve en gîte rural du futur

TOURISME A l’abandon depuis quinze ans, l’enclos presbytéral de Saint-Georges-de-Chesné, en Ille-et-Vilaine veut accueillir des familles

Camille Allain
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Le visuel du projet de gîte rural de Saint-Georges-de-Chesné, en Ille-et-Vilaine.
Le visuel du projet de gîte rural de Saint-Georges-de-Chesné, en Ille-et-Vilaine. — MR Desirs d'Espaces
  • Territoire rural niché entre Rennes et le Mont Saint-Michel, les Rives du Couesnon espèrent attirer de nouveaux touristes avides de tranquillité et de nature.
  • Pour les accueillir, la collectivité transforme son ancien presbytère en un gîte rural « du futur ».
  • Un appel à candidatures a été lancé pour tenter de trouver le gestionnaire de ce lieu atypique.

Voilà quinze ans que le dernier curé a quitté le presbytère de Saint-Georges-de-Chesné (Ille-et-Vilaine). Depuis, seules quelques araignées et chauves-souris occupent les lieux de ce charmant site historique situé à une trentaine de kilomètres au nord-est de Rennes. Planquée à mi-chemin entre la capitale bretonne et des sites touristiques majeurs comme Saint-Malo, Dinan ou le Mont Saint-Michel, la petite commune bretonne rêve de devenir un point de départ privilégié pour des excursionnistes avides de calme et de nature. Pour cela, elle compte transformer son ancien presbytère datant du XVIIIe siècle en un gîte rural « du futur ».

Porté par la nouvelle collectivité « Rives du Couesnon », issue de la fusion de quatre communes, le projet est toujours en phase de construction et pas encore parfaitement défini. L’essentiel est acquis : le bâti sera rénové et agrandi et ouvert à la location courant 2022 si tout va bien. « Nous voulions garder cet espace dans le domaine de la commune mais sa rénovation était beaucoup trop lourde pour notre petite commune (1,3 million d’euros). Nous avons eu l’idée d’en faire un accueil touristique familial pour permettre à des gens de découvrir la région en espérant des retombées économiques pour notre territoire », explique Joseph Erard, maire délégué de Saint-Georges-de-Chesné. Voir des familles débarquer tout au long de l’année serait une réelle opportunité pour l’économie de cette zone de « la troisième couronne de Rennes » où il est si compliqué de maintenir de l’activité commerciale et artisanale.

L'ancienne grange du presbytère de Saint-Georges-de-Chesné est en pleine rénovation pour accueillir un gîte.
L'ancienne grange du presbytère de Saint-Georges-de-Chesné est en pleine rénovation pour accueillir un gîte. - Saint-Georges-de-Chesné

Consciente de ses carences mais aussi de ses atouts, la collectivité avait répondu dès 2018 à l’appel à projets lancé par l’office de tourisme du territoire de Fougères pour révéler des « sites touristiques d’avant-garde ». Plutôt que d’ouvrir un hôtel de luxe ou un spa et de viser une clientèle chic, les Rives du Couesnon ont opté pour une solution familiale à la campagne. Ce gîte patrimonial proposera une cuisine commune façon auberge de jeunesse et un espace naturel à aménager qui s’étend sur un hectare et demi.

« On ne laissera pas faire n’importe quoi »

Un gîte « du futur » tourné non pas vers les nouvelles technologies mais plutôt sur le respect du voisin et de l’environnement, dans un esprit d’économie sociale et solidaire. « On cherche un gestionnaire qui arrive avec ses idées, qui transforme cet endroit en un vrai lieu de vie. Nous ne voulons rien imposer et tout reste à écrire. Mais on ne laissera pas faire n’importe quoi », prévient l’élu. Certains candidats ont déjà interrogé la collectivité sur la possibilité d’installer des yourtes dans l’espace naturel. « Nous n’y sommes pas opposés ».

Ouvert jusqu’au 11 mai, cet appel à candidatures​ pourrait bien profiter sans le savoir des conséquences de la crise sanitaire. Avec les différents épisodes de confinement, de nombreux citadins avouent rêver d’une nouvelle vie à la campagne​, loin du tumulte et de la foule. Avec son cadre sauvage et son patrimoine à sauver, Saint-Georges-de-Chesné se présente comme un candidat sérieux à un changement radical. La ruralité tient sa revanche.