Coronavirus : Attention à cette fausse citation sur les restaurants attribuée à Alain Duhamel

FAKE OFF Une citation humoristique est prise pour argent comptant

A.O.

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L'éditorialiste politique Alain Duhamel.
L'éditorialiste politique Alain Duhamel. — Jacques Witt/RTL/SIPA/1701241203
  • Comme l'a révélé Mediapart, l'éditorialiste politique Alain Duhamel a déjeuné, fin mars, dans un restaurant clandestin avec l'ancien ministre Brice Hortefeux.
  • Il est depuis revenu publiquement sur cet événement, en expliquant son sentiment d'avoir été « un peu piégé ».
  • Mais il ne s'est jamais défendu en affirmant ignorer que les restaurants étaient fermés, contrairement à ce qu'affirme une citation parodique prise au sérieux par certains internautes. 

C’est ce qu’on appelle une défense audacieuse. Peu après que Mediapart a révélé qu’il avait pris part à un déjeuner dans un restaurant clandestin à la fin du mois de mars avec l’ancien ministre Brice Hortefeux, l’éditorialiste politique Alain Duhamel se serait ainsi justifié : « Non, je ne savais pas que les restaurants étaient fermés. Je suis éditorialiste, pas journaliste. Je ne regarde pas les actualités. »

Du moins à en croire un visuel devenu viral sur les réseaux sociaux, associant ces propos à une photo de l’intéressé lors d’un passage sur l’antenne de RTL.

Mais si Alain Duhamel a bien déjeuné dans un appartement privé du 8e arrondissement parisien reconverti en restaurant clandestin – un « club » tenu par le chef Christophe Leroy, également impliqué dans les dîners clandestins du palais Vivienne –, ses véritables explications sur cet événement sont bien différentes.

FAKE OFF

Car contrairement à ce qu’affirme cette fausse citation – vraisemblablement parodique, et dont l’illustration est tirée d'une interview de l’éditorialiste sur en septembre 2018 sans aucun rapport –, Alain Duhamel affirme avoir le sentiment d’avoir été « un peu piégé » en se rendant à ce déjeuner initialement prévu au siège du parti Les Républicains.

« Je ne savais pas de quoi il s’agissait, ce n’était pas précisé, j’y suis allé. Je croyais que ce serait soit chez [Brice Hortefeux], soit chez un de ses amis, et puis je suis monté dans ce truc-là. Je ne suis pas du tout du genre club, etc. Et puis je me suis aperçu qu’il y avait des gens qui déjeunaient. On m’a emmené tout de suite dans une petite salle à manger au fond, où nous étions trois », a-t-il expliqué à Mediapart.

L’éditorialiste politique a en outre soutenu qu’il était perturbé au moment de quitter les lieux : « Comme je suis plutôt bien élevé, je n’allais pas faire un esclandre en m’en allant, mais j’étais tellement troublé qu’en sortant, je me suis trompé de Uber et ne m’en suis aperçu qu’au bout de 300 mètres. »

« Un mauvais sandwich sur un coin de table »

Alain Duhamel s’est de nouveau justifié, deux jours après la parution de l’article de Mediapart, mais cette fois sur sur l'antenne de BFMTV : « Je ne savais pas que j’allais déjeuner chez Christophe Leroy. Je devais déjeuner avec Brice Hortefeux […], il était prévu qu’on déjeune au siège des Républicains avec un plateau repas dans un bureau. La veille, j’ai reçu un SMS me donnant une adresse différente. Comme c’était une adresse privée, sans aucune autre précision, j’ai cru que c’était peut-être son appartement ou un bureau qu’il avait ailleurs. Quand je suis arrivé, je me suis aperçu que ce n’était pas du tout ce que j’avais voulu, pensé et encore moins voulu. »

Et l’éditorialiste de conclure à cette occasion : « Je n’imaginais pas qu’un jour je regretterais tellement un mauvais sandwich sur un coin de table. »