Grenoble : Le maire de Meylan s'oppose à la construction d'une église intégriste

LAICITE L'élu isérois implore l'aide de l'Etat, alors que la justice a retoqué son recours pour faire annuler le permis de construire accordé à la fraternité Saint-Pie X

C.G. avec AFP

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Illustration d'un crucifix au sein d'une église.
Illustration d'un crucifix au sein d'une église. — PURESTOCK/SIPA
  • Le maire DVG de Meylan (Isère) demande l’intervention de l’Etat pour empêcher la construction d’une église intégriste sur sa commune.
  • La justice a rejeté, ce jeudi, le recours d’une association opposé à ce projet porté par la fraternité Saint-Pie X.
  • Dans le sillage de l’opposition du maire d’Albertville à la construction d’une école musulmane, cet élu isérois estime qu’il ne faut « pas faire deux poids deux mesures » dans la lutte de l’État contre le « radicalisme religieux ».

Le maire de Meylan, près de Grenoble (Isère), appelle l’État à s’opposer à la construction d’une église intégriste dans sa ville à la suite du rejet, ce jeudi, d’un recours en justice. Le tribunal administratif de Grenoble vient en effet de rejeter une demande en annulation d’un permis de construire déposé par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), une organisation religieuse intégriste proche de Civitas qui projette de construire une église de 299 places dans cette riche banlieue grenobloise.

Le permis avait été accordé par une précédente majorité. Une association proche du maire actuel avait déposé un recours, mais la justice a estimé que les griefs soulevés concernant diverses règles d’urbanisme locales n’étaient pas constitués.

« Combattre tous ceux qui combattent les valeurs de la République »

« Le problème dans tout ça, c’est que ce n’est pas un problème d’urbanisme », a estimé auprès de l’AFP Philippe Cardin, le maire de Meylan élu en 2020, qui espère que l’association va faire appel.

Il fait le rapprochement avec la situation à Albertville, en Savoie, où le maire estime être « démuni » pour s’opposer à la construction d’une école par une association proche de la Turquie, ce qui a fait réagir jusqu’au gouvernement.

« Est-ce que les politiques nationaux vont venir ici pour interdire la construction de cette église, comme ils le font pour des musulmans ? », s’interroge le maire divers gauche. « Il ne faut pas faire deux poids, deux mesures, poursuit-il. Ce qui est dit dans la loi séparatisme, c’est que l’État veut combattre tous ceux qui combattent les racines ou les valeurs de la République. Moi j’estime que Civitas et la Fraternité Saint-Pie-X (proches) combattent les valeurs de la République ».

« Ils sont contre la liberté de croire, la liberté de penser, la liberté de conscience », estime ce géophysicien au CNRS. « Ils ne reconnaissent pas beaucoup de nos lois, en particulier l’égalité homme-femme par exemple. Je dis donc à l’État de prendre ses responsabilités et d’interdire l’installation de ces églises. »

Fondée en 1970 par Marcel Lefebvre (1905-1991), la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est une organisation catholique traditionaliste liée à Civitas, elle-même proche de mouvements nationalistes d’extrême-droite. Contactée ce  jeudi, sa branche locale n’a pas souhaité faire de commentaires.