Coronavirus : La pollution favorise la propagation du virus selon une étude scientifique

ETUDE Des chercheurs italiens et français se sont penchés sur le cas de régions présentant un taux de croissance de l’infection supérieur au reste du pays pour en découvrir les causes

Caroline Girardon

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Illustration de la pollution atmosphérique dans la métropole Lilloise.
Illustration de la pollution atmosphérique dans la métropole Lilloise. — B. Chibane / SIPA

Existe-t-il un lien entre la pollution atmosphérique et la propagation du coronavirus ? Il semblerait que oui, à en croire une étude scientifique menée par des chercheurs italiens, à laquelle a notamment collaboré l’un des professeurs de l’école d’ingénieurs Grenoble INP – Ense3.

Les scientifiques ont d’abord étudié certaines régions présentant un taux de contagion à la Covid-19 supérieure à la moyenne afin de découvrir les causes de ces inégalités. La Lombardie par exemple a concentré à elle seule 40 % des infections de toute l’Italie et a enregistré un taux moyen d’infection deux fois plus important qu’au niveau national.

« Vraisemblablement, le virus se propage en se fixant aux particules de polluants aéroportés »

Décortiquant les données épidémiologiques de cette région, les chercheurs ont constaté que 63 % des personnes contaminées en Lombardie vivaient dans les provinces de Milan, Bergame et Brescia.

Ils ont ensuite confronté leurs observations aux données météorologiques relatives à la température, à l’humidité, à la vitesse du vent ainsi qu’aux concentrations de polluants atmosphériques. « Il apparaît sans équivoque qu’un taux de pollution élevé favorise la propagation du virus », résume Jocelyn Chanussot, professeur l’école d’ingénieur de Grenoble. Et d’ajouter que « vraisemblablement, le virus se propage en se fixant aux particules de polluants aéroportés ». Une découverte qui vient conforter l’hypothèse que le coronavirus ne se transmet pas uniquement par contact « comme on le pensait au début de l’épidémie », mais « aussi par voie aérienne ».