Epinay-sur-Seine : Les noms et visages de policiers et de leur famille épinglés dans des halls d’immeubles

POLICE La Préfecture de police a apporté son « soutien total aux fonctionnaires concernés », indiquant que le préfet de Police et les policiers allaient déposer plainte

T.L.G. avec T.C.

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Un policier français. (illustration)
Un policier français. (illustration) — LUCAS BARIOULET / AFP

Gérald Darmanin apporte son « soutien total ». Les noms et photos de policiers, et de leur famille, ont été découverts placardées dans plusieurs halls d’immeubles d’Épinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé ce jeudi le ministre de l'Intérieur.

« Je veux dire à quel point ces comportements de divulgation de la vie personnelle de ces policiers et de ces gendarmes, en mettant en avant leurs proches, leurs photos personnelles […] est une honte », a fustigé le locataire de Beauvau, à l’Assemblée nationale, à l’occasion du vote définitif de la loi de Sécurité globale. « Je condamne évidemment ces actes tout à fait répréhensibles et je voudrais redire à quel point [ils] sont les enfants de la République », a-t-il poursuivi.

Le ministre a évoqué cette divulgation pour défendre le fameux article 24 du texte, réécrit mais toujours controversé, qui pénalise la diffusion malveillante de l’image des policiers.

« Un sentiment d’impunité des dealers », dénonce une syndicaliste

« Un nouveau cap a été franchi », a dénoncé dans un communiqué le syndicat Unité SGP Police, qui demande au « ministre de l’Intérieur que tout soit mis en œuvre pour retrouver les auteurs ».

Pour Linda Kebbab, déléguée nationale du même syndicat, cette affaire montre que « le sentiment d’impunité des dealers qui pourrissent la vie des habitants des quartiers est de plus en plus important, ils n’hésitent plus à s’immiscer dans notre vie privée ». Il s’agit, dit-elle, « de petits caïds qui n’ont plus peur de l’institution judiciaire ». La syndicaliste souhaite que l’administration « ne minimise pas » ce genre de faits et mette en place « une véritable protection fonctionnelle des agents » visés, « dès que les faits sont révélés ».

Sur Twitter, la préfecture de Police a apporté son « soutien total aux fonctionnaires concernés », indiquant que le préfet de Police et les policiers allaient déposer plainte.