Ecole musulmane en Savoie : Le maire d'Albertville va faire appel

JUSTICE Le tribunal administratif de Grenoble le contraint à autoriser la délivrance du permis de construire de cette école privée, portée par la Confédération islamique Millî Görüs

C.G. avec AFP
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Une mairie. (Illustration)
Une mairie. (Illustration) — GILE MICHEL/SIPA

Le maire d’Albertville (Savoie) va faire appel de la décision du tribunal administratif de Grenoble  qui l’oblige à accorder un permis de construire pour une école musulmane, a-t-il annoncé ce mercredi à France Bleu Pays de Savoie.

« Nous n’avons pas encore fait appel, mais nous le ferons », a confirmé Frédéric Burnier-Framboret, qui s’oppose à ce projet d’école primaire porté par la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), proche de la Turquie, et qui a fait réagir jusqu’au gouvernement.

Dans une décision du 6 avril, la justice administrative a annulé le refus du permis de construire, qui avait été déposé en 2019 par l’association pour implanter une école de 400 élèves dans cette ville d’environ 20.000 habitants. Le tribunal a estimé que les motifs avancés par la mairie, portant notamment sur les places de stationnement, n’étaient pas recevables.

« Nous allons revoir notre copie »

« Je n’avais que le moyen de l’urbanisme pour contrer ce permis », a-t-il expliqué ce mercredi à France Bleu, « nous allons revoir notre copie ». Le préfet de Savoie l’avait incité à faire appel, jugeant ce projet « séparatiste ».

Dans une tribune au Figaro vendredi, Frédéric Burnier-Framboret (sans étiquette) avait regretté être « démuni » pour « contrer l’installation d’associations ou d’entreprises pilotées par des puissances étrangères, qui favorisent une cristallisation identitaire au cœur de nos territoires ».

Le gouvernement, en réponse à la situation d’Albertville, a fait adopter lundi un amendement de dernière minute au projet de loi sur le « séparatisme » pour permettre au préfet de s’opposer à l’ouverture d’écoles hors contrat soutenues par un Etat étranger « hostile » à la République.

« On n’a pas l’intention de faire une école communautariste ou islamiste », a répondu sur France Bleu Pays de Savoie Engin Seller, le président de l’association Millî Görüs d’Albertville, assurant n’avoir « rien à voir avec la Turquie ». « Ce n’est pas une école turque, ou religieuse. C’est comme toutes les autres, qui existent déjà : une école confessionnelle, comme ont les catholiques ou les juifs », a-t-il conclu.