Alsace : Qui se cache derrière le site de Maître Lucas, qui cartonne chez les élèves de primaire ?

EDUCATION L’enseignant d’origine alsacienne s’est lancé en 2017 dans la publication de vidéos. Avant de se diversifier avec l’aide de son cousin

Thibaut Gagnepain

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Le site maitrelucas.fr
Le site maitrelucas.fr — Maître Lucas
  • Un enseignant d’origine alsacienne, Lucas Schildknecht, 35 ans, est derrière le site internet d’apprentissage « Maître Lucas ».
  • Ce site s’adresse aux élèves du CP au CM2 et leur propose des leçons, sous forme de vidéos surtout, mais pas seulement.
  • « On a envie de continuer à se développer et par exemple de créer des petits jeux vidéo interactifs pour apprendre. Ça pourrait par exemple être une course voiture où, pour avancer, il faut faire des calculs », explique le professeur des écoles et son cousin, qui l’a aidé à créer le site.

Besoin d’une petite leçon sur la symétrie, les ovipares et les vivipares ou simplement d’une dictée ? Tout cela est possible sur le site Internet de « Maître Lucas », à partir de vidéos, quiz, fiches ou bien encore de cartes mentales, sorte de graphiques qui aident à mieux mémoriser. Bref, tout ce qu’il faut pour occuper des élèves du CP au CM2.

C’est justement pour eux que s’est lancé Lucas Schildknecht, un professeur des écoles de 35 ans originaire de Sélestat, en Alsace. « C’est quand j’enseignais à New York que l’idée est venue, se rappelle-t-il. Là-bas, le concept de classe inversée est très développé. L’idée, c’est que les enfants arrivent en classe avec déjà des notions sur le cours à venir. Ça permet d’avoir une leçon beaucoup plus active. »

Lucas Schildknecht, dit Maître Lucas.
Lucas Schildknecht, dit Maître Lucas. - Maître Lucas

Déjà très intéressé par les nouvelles technologies, l’enseignant s’est alors lancé dans la création de courtes vidéos éducatives (3 à 8 minutes) sur différents thèmes des programmes. Des pastilles plutôt travaillées, sous forme d’animations. Avec trois personnages qu’il double tous : « l’enfant, le papi et le Maître ». « C’était surtout pour mes propres élèves au début. Je mettais peut-être deux vidéos par mois sur YouTube, précise-t-il. Puis ça a bien pris… »

Le premier confinement a dopé ses audiences. Avant qu’un spécialiste ne s’en mêle : son cousin, Benoît. « On en a discuté l’été dernier et je lui ai dit qu’il pouvait encore mieux faire en termes de référencement sur Internet », se rappelle l’intéressé, directeur d’e-commerce dans une grande société française. Ensemble, ils ont lancé le site internet maîtrelucas.fr en octobre « et depuis, ça cartonne ! »

Tout est gratuit

En mars, ce sont 25.000 visiteurs différents qui ont été enregistrés. « Rien que la semaine dernière, avant les vacances, nous avons virtuellement "accueilli" plus de 87.000 professeurs et élèves, qui ont visionné 170.000 vidéos ou exercices », apprécie le duo, qui ne propose rien de payant. Même sur YouTube, aucune vidéo n’est rattachée à une publicité. Les deux agissent donc bénévolement, quitte à sacrifier leurs temps libre.

« Ce sont des heures et des heures entre la rédaction, l’enregistrement, le montage, etc. Mais le confinement nous a pas mal aidés », s’amuse Lucas Schildknecht, qui a accéléré son rythme de production. Maintenant, ce sont 4 à 5 vidéos qui sortent par semaine, sans compter les autres supports. « Au total, j’en ai publié environ 180 pour l’ensemble des niveaux et rien que pour le CP, il en faudrait environ 200. Il y a encore du travail », s’amuse-t-il.

Une carte mentale, ici sur la leçon de la pollution.
Une carte mentale, ici sur la leçon de la pollution. - Maître Lucas

Les cousins ne manquent ni de motivation, ni de projets. « On a envie de continuer à se développer et par exemple de créer des petits jeux vidéo interactifs pour apprendre. Ça pourrait être par exemple une course voiture où, pour avancer, il faut faire des calculs », détaillent-ils en évoquant une partie blog réservée aux parents. Là encore, sans la prétention de remplacer, à terme, les enseignements à l’école.

« Ce sont des aides pour les élèves. Les leçons doivent être revues plusieurs fois et travaillées en classe », précise Maître Lucas, qui forme désormais les enseignants au Luxembourg. « L’idée est de donner, aux professeurs ou aux parents, des outils sur lesquels ils peuvent s’appuyer et qui sont appréciés des enfants. »