Coronavirus : Quand les enseignants seront-ils finalement vaccinés ?

EDUCATION Le discours du gouvernement a fluctué ces dernières semaines sur le sujet, ce qui suscite l’impatience et même la colère chez les enseignants

Delphine Bancaud

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Au centre de vaccination du Palais des Expositions de Nice, le 09/04/2021.
Au centre de vaccination du Palais des Expositions de Nice, le 09/04/2021. — SYSPEO/SIPA
  • Fin mars, Emmanuel Macron annonçait que les enseignants feraient partie de campagnes ciblées de vaccination « à partir de mi-fin avril ».
  • Mais depuis, les déclarations des membres du gouvernement sont plus évasives. Ce qui suscite la colère des syndicats enseignants, qui réclament un calendrier précis.

Ils veulent leurs doses ! Les enseignants commencent à s’impatienter, car ils sont toujours dans le flou concernant leur vaccination. Pourtant, lors d’une visite à Valenciennes (Nord) fin mars, Emmanuel Macron avait déclaré que « des campagnes ciblées » seraient déployées « à partir de mi-fin avril », notamment pour les enseignants, qui font partie « des professions qui sont exposées ». Mais au fil du temps, le discours du gouvernement sur le sujet est devenu plus flou.

Début avril, Jean-Michel Blanquer évoquait le début de la vaccination des enseignants « probablement vers la mi-avril », d’abord avec ceux qui travaillent avec les enfants « en situation de handicap ». Samedi, le Premier ministre, Jean Castex, a confirmé que la campagne vaccinale commencerait « sans doute dès la semaine prochaine » pour les enseignants, les Atsem (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) et les « autres personnels de la communauté éducative de plus de 50 ans qui sont en contact avec des enfants en situation de handicap ».

Les moins de 50 ans devront attendre la mi-juin

Des déclarations qui ne satisfont pas les syndicats enseignants : « Les enfants handicapés sont scolarisés à 84 % en milieu ordinaire. On va donc vacciner à partir de cette semaine les personnels qui travaillent dans les Instituts médico-Educatifs (IME), les Instituts thérapeutiques éducatif et pédagogique (ITEP) et les hôpitaux de jour et les Atsem de plus de 50 ans, ce qui va représenter peu de monde. Mais quid des autres ? », interroge Jean-Rémi Girard, président du Snalc. Par ailleurs, Olivier Véran a annoncé dimanche que la vaccination serait ouverte dès ce lundi aux Français de plus de 55 ans, sans pathologie particulière ni comorbidité. « Cela signifie que les enseignants de plus de 55 ans pourront y avoir accès, comme les autres personnes de leur âge. Mais cela revient à dire aussi que tous les personnels de l’Education ne sont pas considérés comme prioritaires », souligne Stéphane Crochet.

Interrogé par 20 Minutes, l’entourage d’ Olivier Véran explique en effet que « le critère de priorité concernant la vaccination n’est pas le métier, mais l’âge », et que le reste des enseignants pourront avoir un rendez-vous pour se faire inoculer lorsque la campagne de vaccination s’adressera à leur tranche d’âge. « Pour les personnes âgées de 50 à 55 ans, la vaccination sera ouverte à partir du 15 mai ou peut-être un peu plus tôt si la campagne précédente s’effectue rapidement », nous précise le ministère de la Santé. Les personnes de moins de 50 ans, elles, devront attendre la mi-juin. Et ce n’est qu’alors que les enseignants feront partie des publics prioritaires de cette tranche d’âge, comme l’a déclaré Emmanuel Macron dans une visioconférence avec des collégiens la semaine dernière.

Des inquiétudes pour la rentrée

Autant de perspectives qui suscitent l’ire des syndicats enseignants : « On nous mène en bateau depuis janvier. Le gouvernement nous a menti, sans doute parce que l’intendance ne suit pas les promesses qu’on nous a faites faute de doses suffisantes », fulmine Jean-Rémi Girard.

Une situation qui pourrait affecter le retour des élèves et des enseignants, prévu le 26 avril en maternelle et en primaire, puis le 3 mai en lycée et en collège : « Il y aura de l’inquiétude dans les départements où le virus circule beaucoup. Alors que si les enseignants avaient reçu une première dose avant la rentrée, ils auraient eu le sentiment d’être mieux protégés pour faire face à une longue période de plus de dix semaines de classe avant la fin de l’année scolaire », souligne Stéphane Crochet.

Une opinion que les syndicats de l’éducation ne sont pas les seuls à défendre. Car ces derniers jours, des voix politiques – Rachida Dati, Anne Hidalgo, Stéphane Troussel, Clémentine Autain – ou syndicale – Laurent Berger – ont aussi plaidé pour que les personnels de l’éducation soient vaccinés le plus rapidement possible. De quoi influencer le gouvernement ?