Rennes : Les défenseurs des terres agricoles manifestent contre le projet d’extension du Stade Rennais

ENVIRONNEMENT Malgré l'interdiction de manifester, environ 400 personnes se sont rassemblées samedi après-midi dans la capitale bretonne

J.G. avec AFP
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Les joueurs du Stade Rennais, ici le 1er juillet 2020 sur la pelouse du centre d'entraînement Henri Guérin, à la Piverdière.
Les joueurs du Stade Rennais, ici le 1er juillet 2020 sur la pelouse du centre d'entraînement Henri Guérin, à la Piverdière. — C. Allain / 20 Minutes

A la veille du derby entre les Rouge et Noir et le FC Nantes, environ 400 personnes ont manifesté samedi après-midi contre un projet d’extension du centre d’entraînement du Stade Rennais sur les terres agricoles de la Prévalaye. « En Bretagne, tous les jours c’est l’équivalent de neuf terrains de football qui sont artificialisés, et ça continue, ça continue, ça continue ! », a lancé au micro Gwennenn, éleveuse laitière membre de la Confédération Paysanne. « Ici, c’est trois hectares qu’on veut enlever à la bétonisation ! », a-t-elle ajouté.

Partis du centre-ville de Rennes, malgré l’interdiction de la manifestation par la préfecture, les participants ont défilé avec fourches et pelles derrière des banderoles « Défendre la Prévalaye, sauver les terres agricoles » ou « Face aux assécheurs, irriguer les luttes ». Secteur peu urbanisé situé à l’ouest de Rennes, La Prévalaye est composée de terres cultivables, de surfaces boisées et de zones humides.

Le projet « tient compte des enjeux environnementaux », selon la ville

« Ces parcelles sont des parcelles fertiles où des porteurs de projets agricoles ont cherché à s’installer pour faire de l’alimentation de proximité. Cette installation a été refusée car les terres ont été gelées pour l'extension du Stade Rennais », a pointé Alfael, de l’association Extinction Rébellion. Selon lui, « les terres naturelles et fertiles ne devraient être utilisées qu’en dernier recours. D’abord, il faut viser les terres polluées et celles déjà artificialisées ».

A proximité du centre d’entraînement, les manifestants ont été empêchés de poursuivre leur déambulation par la gendarmerie. Ils ont alors creusé une parcelle pour y planter des légumes et de petits arbres fruitiers, sous une pluie fine. Interrogée, la ville de Rennes a assuré que « les améliorations envisagées » par le Stade Rennais tenaient « compte des enjeux environnementaux » de la Prévalaye « tout en répondant à la volonté de tendre vers le zéro artificialisation des sols ».