Coronavirus : « On a l’impression de revenir au point de départ », s’inquiète Simon Thirot, représentant du tourisme social et solidaire

INTERVIEW Le délégué général de l’UNAT explique à « 20 Minutes » comment le secteur du tourisme social peine à planifier la saison estivale sans feuille de route de la part du gouvernement

Propos recueillis par Maureen Songne
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Colonie UNAT lors des vacances 2020
Colonie UNAT lors des vacances 2020 — UNAT
  • Pour freiner la troisième vague de coronavirus, des restrictions sont en place sur l’ensemble du territoire français au moins jusqu’à la fin avril.
  • Les vacances de printemps ont été chamboulées, un nouveau coup du pour les acteurs du tourisme social et solidaire.
  • Selon Simon Thirot, délégué général de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat), la lassitude domine parmi les équipes.

Avancer sans pouvoir planifier. L’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat) fédère plus de 71 adhérents acteurs du tourisme social et solidaire. Des structures à but non lucratif dans la mission est de donner accès à des vacances à un maximum de familles en France. Et comme l’année dernière, elle avance dans le flou pour préparer la saison estivale à cause de l' épidémie de coronavirus.

Cette saison est pourtant capitale après les pertes subies par les opérateurs, privés de la saison d’automne et surtout des vacances de printemps, qui ouvrent traditionnellement la saison estivale. Pour 20 Minutes, le délégué général de l’UNAT, Simon Thirot, exprime ses inquiétudes et les stratégies mises en place pour pouvoir sauver l’été.

Un an après le début de la crise sanitaire, et alors que les vacances de printemps sont affectées par de nouvelles restrictions, quelle est la situation des acteurs du tourisme social et solidaire ?

On a l’impression de revenir au point de départ… L’année dernière, nous avons pu avoir une activité de la mi-juillet à la fin août, la France a été très prisée par les vacanciers. C’était une saison estivale extrêmement concentrée, mais belle.

Cette année, vu qu’il n’y a plus de vacances de printemps et qu’il n’y en a pas eu à l’automne, les opérateurs sont dans une situation difficile. La baisse d’activité est de 50 %, soit 600 millions d’euros de pertes. Pour la préparation de cet été, la situation est relativement similaire à l’an passé : les adhérents ne peuvent pas travailler, les colonies sont suspendues, les villages et clubs de vacances fermés. Dans les équipes, il y a beaucoup de lassitude, de perte de motivation, de doutes. On a besoin de visibilité.

Des séjours prévus durant les vacances de printemps ont-ils dû être annulés ?

Certains villages et clubs de vacances avaient prévu d’ouvrir, c’est donc un coup dur. Les colonies sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Deux types de séjours, ceux pour les enfants suivis par l’Aide sociale à l’enfance et ceux adaptés pour des personnes en situation de handicap, sont encore possibles, car il y a un vrai sujet social sur ces publics très vulnérables. Mais vu la situation du moment, c’est très compliqué… D’autant plus que pour ce genre de public, ce sont des séjours qui se préparent bien en amont.

Comment les opérateurs font-ils face ?

Dans le tourisme, on a l’habitude de s’adapter, car tout fonctionne selon la demande des clients. Les opérateurs savent faire évoluer leurs produits d’une année à l’autre. Là, la situation est nouvelle. Sur le terrain, tout le monde doit faire preuve d’imagination. Beaucoup disent qu’ils ont appris en termes de pilotage budgétaire et d’adaptation aux scénarios. Toutes les quatre semaines, ils travaillent sur un scénario de reprise avec les protocoles sanitaires à mettre en place. L’année dernière, ça a fonctionné : il n’y a pas eu de cluster dans nos établissements.

Justement, si vos protocoles sanitaires ont fonctionné, avez-vous déjà transmis au gouvernement de nouvelles propositions pour cet été ?

Nous avons transmis au gouvernement le même protocole que l’année dernière et fait de nouvelles propositions. Alors qu’en mai et juin 2020, on pouvait difficilement tester, aujourd’hui, on peut le faire facilement. On ne va pas baisser la garde et on va maintenir des protocoles sérieux. Avec l’effet tests et vaccins, cela sera plus sécurisé.