Parasol brillant, paddle dépolluant et robot anti-covid... Nos initiatives préférées de la semaine

RATTRAPAGE Comment ça, on ne parle que des trains qui arrivent en retard? Voici sept initiatives en avance sur leur temps repérées par la rédaction de 20 Minutes cette semaine

Laurent Bainier

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Paddle Cleaner est une association qui nettoie la Méditerranée sur le littoral azuréen de ses déchets en stand up paddle depuis novembre 2015
Paddle Cleaner est une association qui nettoie la Méditerranée sur le littoral azuréen de ses déchets en stand up paddle depuis novembre 2015 — E. Martin / ANP / 20 Minutes

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1. L’AirBNBee des abeilles sauvages

Comme leurs cousines domestiques, les abeilles sauvages contribuent à la pollinisation mais sans piquer ni produire de miel. Ce dernier point explique sans doute qu’on les connaisse si mal. « Par sa production de miel, l'abeille domestique a un fort intérêt économique pour l’Homme et est de ce fait très entretenue, reprend Lise Ropars. Elle perdurera dans le temps malgré les pressions. Ce n’est pas le cas pour les espèces sauvages, pour lesquelles le risque d’extinction est réel », explique Lise Ropars, écologue spécialiste de la pollinisation à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie (IMBE).

Pour repousser ce scénario, « Un toit pour les abeilles » a lancé le projet Les Dorloteurs d’abeilles. L’entreprise rochelaise propose aux particuliers d’accueillir dans leur jardin un nichoir assez similaire aux hôtels à insectes qu’on retrouve un peu partout. Ces abris se composent de tubes qu’un grand nombre d’espèces d’abeilles sauvages affectionne pour élire domicile. Les nichoirs sont également livrés avec de premiers cocons (collectés par des utilisateurs), pour favoriser la survie des espèces. En un an, les Dorloteurs ont déjà installé 3.239 nichoirs en France.

2. Contre le Covid, les robots au front

On reste à La Rochelle avec une autre sorte de buzz. Celui que récoltent les robots de Shark Robotics. L’entreprise charentaise qui avait envoyé au cœur de la fournaise de Notre-Dame son Colossus pour sauver ce qui pouvait encore l’être s’est lancée à corps perdu dans le combat contre le covid. Elle a développé des kits qui permettent de convertir ses engins en super-décontaminateurs, capables de désinfecter des zones immenses sans faire courir le moindre risque à leurs opérateurs. Entièrement fabriquées en France, ces machines ont tapé dans l’œil du géant Boston Dynamics qui leur a commandé un kit adaptable à leur fameux robot-chien Spot.

3. Depuis Toulouse, le cojardinage essaime

Il y a dix ans, une habitante de la banlieue de Toulouse lançait « Plantez chez nous », un site mettant en lien des jardiniers et des propriétaires de terrain, prêts à leur en laisser la jouissance. « Il y avait la volonté de pousser les gens à jardiner de manière naturelle et locale, mais aussi de faire du troc, que ce soit gagnant-gagnant pour le propriétaire du terrain comme le jardinier, qui finissent souvent par cojardiner ensemble », explique la fondatrice, Chantal Perdigau.  Aujourd’hui, son site compte plus de 35.000 utilisateurs et près de 7.000 annonces, du petit bout de jardin dans le 15e arrondissement de Paris au terrain de 1.000 m2 à Saint-Anne en Guadeloupe. Près de Toulouse, Betty est l’une des pionnières. « J’avais envie d’avoir un contact avec la nature et je voulais candidater pour des jardins familiaux, mais il y avait 18 mois d’attente. Je me suis donc inscrite sur le site et j’ai vu l’annonce de Bernadette », explique celle qui depuis une décennie cultive ainsi des légumes de saison. Avant de venir chez son hôte, elle lui envoie un petit texto, histoire de ne pas être intrusive. En échange de ce petit bout de jardin, Bernadette récolte de temps en temps des tomates ou des pommes de terre, ravie de pouvoir manger des légumes cultivés chez elle.

4. La collecte de déchets avec un supplément de rame

Depuis cinq ans, les membres de Paddle Cleaner pagaient pour le climat. Sur leur stand-up paddle, ils sillonnent les eaux de la Méditerranée, de Théoule-sur-Mer à Menton, pour ramasser les déchets dans la mer. « L’idée est d’allier l’utile à l’agréable, indique Géraldine de Laugeiret, la cofondatrice et présidente. Les 50 adhérents partagent cette même passion pour le monde marin et le respect de la nature. » À chaque session, « on récolte entre sept et huit sacs-poubelles de 100 l de déchets de tous genres, s’exprime la présidente de l’association. Ce qui est bien avec les paddles, c’est qu’on peut accéder à des zones qui concentrent tous les détritus à cause des courants et qui sont difficilement accessibles autrement. »

5. L'emballage en verre et contre tous les gaspillages

Plutôt que de les collecter en Méditerranée, si on éliminait les déchets à la racine ? C’est le projet de l'association Etic Emballages qui a mis en place un système expérimental de boîtes en verre consignées dans les restaurants faisant de la vente à emporter. Contre un abonnement allant de 20 à 40 euros par mois, le réseau fournit au minimum une centaine de boîtes en verre au restaurateur, qui de son côté fait payer une caution de 3 euros par récipient à son client. Ce dernier est libre de le rapporter ensuite dans son restaurant lors de son prochain achat de plat, dans un des lieux partenaires ou points de collecte qui leur restituent leur consigne.

« Aujourd’hui, nous avons une soixantaine de commerces partenaires, contre treize début 2020. Avec la crise sanitaire, beaucoup de personnes ont eu une réflexion sur l’écologie, ceux qui se sont mis à faire des plats à emporter ne voulaient pas tous utiliser du jetable et nous ont alors contactés », explique Céline Gorin, l’une des cofondatrices d’Etic Emballages, dont le concept est en train de faire des émules à Rennes et bientôt à Compiègne.

6. Alec fait de l’éducation un jeu d’enfant

Elle est gratuite jusqu'à fin juin et pourrait vous rendre de fiers services en cette période d’école à la maison. La plateforme éducative en ligne Alec s’adresse aux enfants de 4 à 11 ans. Créée par l’entreprise bordelaise EduMedia, elle s’inspire d’une plateforme pédagogique québécoise créée par le cogniticien, Gilles Bergeron.

« On a recréé les codes du jeu vidéo pour obtenir une plateforme très ludique, l’objet étant de donner aux enfants l’envie d’apprendre par le jeu, puisque l’on sait aujourd’hui que l’on apprend mieux quand on prend du plaisir » indique Lisa Bouquil, chargée de stratégie commerciale et communication chez EduMedia. A travers 90 jeux couvrant tous les fondamentaux dans l’apprentissage du français et des maths, l’enfant récolte ainsi des pierres de connaissance pour aider Alec, un petit fennec, dans sa quête. A l’issue de la période gratuite, le jeu sera proposé au tarif de 5 euros par mois, ou 50 euros à l’année.

7. Une idée lumineuse pour les parasols

« On résout le vol et l’envol, résume simplement le directeur de la société perpignanaise Para’vols, Laurent Vignoulle. Une fois que ces problèmes n’existent plus, on vit vraiment la plage d’une autre façon. » Contre l’envol, son équipe a mis au point un parasol doté d’un pied en forme de pelle qui sert d’ancre au dispositif. Et face au vol, l’invention a un autre atout : un petit coffre-fort, fermé par un cadenas à chiffres, qui permet d’y glisser téléphones, clés et portefeuilles… Une fois que le cadenas, relié au pied par un petit câble, est ouvert, « vous vous en servez comme d’une poignée pour retirer le parasol, confie Laurent Vignoulle. Vous tirez à 45°, il va remonter très facilement. » Une invention géniale qui ne nous laisse qu’une interrogation en bouche : c’est pour quand les vacances ?